Agroalimentaire : des atouts accentués, des faiblesses qui s’aggravent

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Les agriculteurs attendaient beaucoup d’Emmanuel Macron. Ses propos de campagne en 2017 avaient suscité des espoirs, abondamment plu lors de son premier mandat. Trois ministres de l’Agriculture se sont succédé rue de Varenne entre mai 2017 et juillet 2020. La balance commerciale agroalimentaire avec les pays voisins a dû tomber dans le rouge en 2018, une première dans l’histoire de l’industrie agroalimentaire française. un fleuron de l’économie nationale, pour que l’Elysée puisse mesurer la gravité de la situation, précise la FNSEA. Un quatrième ministre de l’agriculture est alors nommé.

très proche du président ingénieur agronome de formation, Julien Denormandie il redonne confiance en affichant sa volonté de protéger les revenus des agriculteurs, revenant à des interdictions limitées à la France, perçues comme sources de distorsion injuste avec le reste de l’Europe. parmi ceux interdiction des pesticides sans alternatives autorisées par Bruxelles. Cependant, ces mesures n’ont pas changé le cap.

Un registre des exportations et des importations.

De fait, l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire tricolore ont plutôt bien résisté aux effets de la pandémie. La France n’a jamais exporté autant de produits agricoles et transformés en 2021, atteignant un niveau record de 68,6 milliards d’euros. Jamais le pays n’avait autant importé. La facture s’élevait à 61 milliards d’euros l’an dernier. La balance commerciale s’est renforcée avec un solde commercial de 7,7 milliards d’euros, soit 1,12 milliard d’euros de plus qu’en 2020.

Un score qui cache toutefois d’importantes faiblesses, dont certaines assez récentes. ” sans alcool dont le solde atteignait 14 500 millions d’euros, la balance commerciale aurait été déficitaire », souligne Vincent Chatellier, économiste à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE).

La France n’a pas relevé la barre depuis 2018 dans ses échanges avec les pays européens. Le solde dans ce cas reste négatif et s’est même creusé avec l’Espagne, les Pays-Bas et la Pologne. En revanche, le solde est nettement positif hors Europe avec 10 500 millions d’euros, la deuxième meilleure évolution historique après 2019. Trois pays en sont le moteur : les Etats-Unis, la Chine et le Royaume-Uni.

les faiblesses grandissent

Au total, depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, malgré de nombreuses réformes, dont l’amélioration des petites retraites, la sacralisation des prix agricoles dans les prix alimentaires ou la loi votée le 17 mars sur l’assurance maladie de protection contre les risques du changement climatique, les performances macroéconomiques de l’agroalimentaire est resté inchangé.

“On peut dire que la France a accentué ses atouts et aggravé ses faiblesses”, estime Vincent Chatellier. blé français a connu une bien meilleure année d’exportation en 2021, sans rapport avec la politique. Et seulement grâce à la coïncidence d’une bonne récolte et de prix mondiaux élevés. En revanche, la valeur ajoutée continue d’échapper à la France, malgré sa puissance productive.

Le cas de la pomme de terre est significatif à cet égard. La France est le premier exportateur mondial, mais réimporte ses propres tubercules sous forme de chips. Surtout de Belgique.

Étude de cas : Volaille

La volaille est un autre exemple instructif. Un poulet sur deux consommé en France est importé, dans un pays qui a été pendant des années le deuxième ou le troisième exportateur mondial. Malgré les efforts déployés par le groupe LDC à Loué pour redresser le marché, le déficit commercial explose, atteignant son plus haut niveau depuis vingt ans avec -541 millions d’euros. La production n’a augmenté que de 3 % alors que la consommation a bondi de 18 %, selon France Agrimer.

Sans effet perceptible pour l’instant du fait des gains de productivité, la baisse du nombre de vaches en France “aura une influence à moyen terme sur la production de viande”, souligne Vincent Chatellier. Le troupeau a diminué de moitié depuis 1984, date à laquelle les quotas laitiers ont été introduits. Après des années de stabilité, la décapitalisation a repris depuis 2016, atteignant une baisse cumulée de 8 % en 2021. La baisse de la production pourrait s’accélérer avec le non-remplacement des éleveurs qui partent à la retraite.

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