Agroalimentaire : offres d’emploi dans le maïs en conserve

0
26
garder

Bonduelle Canada appose une étiquette sur le maïs en conserve pour inviter les gens à venir travailler avec. (Image : courtoisie)

Offres d’emploi dans le maïs en conserve

Jean François Venne

La pandémie a exacerbé les pénuries de main-d’œuvre dans l’industrie alimentaire, où le volume de production est plus élevé aujourd’hui qu’avant la crise. Les entreprises font preuve d’imagination pour surmonter cet obstacle.

Bonduelle Canada, multinationale de transformation de légumes, teste actuellement un mode de recrutement original conçu avec l’agence lg2. Elle appose une étiquette sur 45 000 boîtes de maïs qu’elle distribue à quatre banques alimentaires, invitant les gens à postuler chez elle. « Les usagers des banques alimentaires sont potentiellement en recherche d’emploi et nous voulons qu’ils pensent à nous », explique Christian Malenfant, vice-président marketing de Bonduelle.

En avril, l’entreprise comptait 100 postes vacants. Cette situation se répète depuis plusieurs années, notamment en raison du faible taux de chômage au Québec. La pandémie a même amplifié le phénomène, tout en compliquant le recrutement. Entre autres, Bonduelle avait pris l’habitude de se livrer au “guerrilla marketing” en se rendant dans les lieux publics pour approcher directement les gens, ce qui n’est actuellement pas possible.

attirer les jeunes

« Le manque de main-d’œuvre complique notre capacité à transformer tous les légumes lorsque la récolte bat son plein », confirme Christian Malenfant. En 2020, une centaine de cadres ont dû travailler dans l’usine pendant la période de pointe.

« Ce manque d’employés nuit à la croissance des entreprises, qui ne peinent qu’à rester, déplore Dimitri Fraeys, vice-président innovation et affaires économiques au Conseil de la transformation alimentation du Québec (CTAQ). Certains doivent même abandonner des produits à plus forte intensité de main-d’œuvre, et les employés finissent souvent par travailler de plus longues heures. »

Pour trouver des travailleurs, les transformateurs innovent, notamment auprès des plus jeunes. Ils offrent, par exemple, des primes de parrainage aux étudiants qui travaillent à domicile, ou des bourses d’études. Le montant de ces bourses augmente parfois en fonction du nombre de semaines de travail, ce qui incite à travailler tout l’été. Les transformateurs veulent également recruter davantage d’immigrants récents, qui font face à des taux de chômage supérieurs à la moyenne.

Le CTAQ, pour sa part, a lancé une campagne intitulée La transformation alimentaire est si importante afin de faire connaître son industrie. « Il faut promouvoir ces métiers auprès du grand public et casser certains mythes, comme les bas salaires, explique Dimitri Fraeys. Les salaires dans la transformation des aliments sont compétitifs par rapport à ceux du reste de l’industrie manufacturière. »

Place à l’automatisation

La pénurie de main-d’œuvre affecte également les producteurs agricoles. “La situation est dramatique, notamment du côté des saisonniers et des abattoirs”, prévient Marcel Groleau, président général de l’Union des producteurs agricoles. Il note qu’Olymel cherchera entre 3 000 et 4 000 employés d’ici cinq ans. Quant aux fermes, plusieurs ont connu des retards dans l’arrivée d’employés étrangers temporaires en raison des restrictions sanitaires.

Bien que le manque de main-d’œuvre freine la croissance des entreprises, il est encore difficile d’améliorer les perspectives d’embauche. L’augmentation des salaires, par exemple, est un outil très limité. Dans certaines productions, comme les fraises et les framboises, les salaires représentent plus de la moitié des coûts de production. Toute augmentation affecte les prix et rend les fruits moins compétitifs face à certaines importations.

De plus, plusieurs jeunes quittent leur emploi en pleine récolte, car les CEGEP reprennent leurs activités en août. Par conséquent, les producteurs ont suggéré de retarder le début des cours. Cependant, cette option n’a jamais été discutée avec la Fédération des cégeps. Les viticulteurs se tournent également vers les retraités, très présents dans les régions agricoles.

Quoi qu’il en soit, « la solution passera probablement par l’automatisation, ce qui réduira les besoins en main-d’œuvre », indique Marcel Groleau.

-30-

LES FIGURES

En 2020, les transformateurs d’aliments et de boissons canadiens ont besoin de 56 000 nouveaux travailleurs pour atteindre leurs objectifs de croissance de 2025.

Source : Compétences en transformation des aliments Canada

Un poste vacant dans cette industrie, en 2020, représente une perte de revenu net de 190 $ par jour. Si la situation ne s’améliore pas, les pertes attribuables aux postes vacants au Canada atteindront 3,1 milliards de dollars par année.

Source : Compétences en transformation des aliments Canada

SPÉCIAL GRANDES ENTREPRISES. La pandémie a exacerbé les pénuries de main-d’œuvre dans l’industrie alimentaire, où le volume de production est plus élevé aujourd’hui qu’avant la crise. Les entreprises font preuve d’imagination pour surmonter cet obstacle.

Bonduelle Canada, multinationale de transformation de légumes, teste actuellement un mode de recrutement original conçu avec l’agence lg2. Elle appose une étiquette sur 45 000 boîtes de maïs qu’elle distribue à quatre banques alimentaires, invitant les gens à postuler chez elle. « Les usagers des banques alimentaires sont potentiellement en recherche d’emploi et nous voulons qu’ils pensent à nous », explique Christian Malenfant, vice-président marketing de Bonduelle.

En avril, l’entreprise comptait 100 postes vacants. Cette situation se répète depuis plusieurs années, notamment en raison du faible taux de chômage au Québec. La pandémie a même amplifié le phénomène, tout en compliquant le recrutement. Entre autres, Bonduelle avait pris l’habitude de se livrer au “guerrilla marketing” en se rendant dans les lieux publics pour approcher directement les gens, ce qui n’est actuellement pas possible.

attirer les jeunes

« Le manque de main-d’œuvre complique notre capacité à transformer tous les légumes lorsque la récolte bat son plein », confirme Christian Malenfant. En 2020, une centaine de cadres ont dû travailler dans l’usine pendant la période de pointe.

« Ce manque d’employés nuit à la croissance des entreprises, qui ne peinent qu’à rester, déplore Dimitri Fraeys, vice-président innovation et affaires économiques au Conseil de la transformation alimentation du Québec (CTAQ). Certains doivent même abandonner des produits à plus forte intensité de main-d’œuvre, et les employés finissent souvent par travailler de plus longues heures. »

Pour trouver des travailleurs, les transformateurs innovent, notamment auprès des plus jeunes. Ils offrent, par exemple, des primes de parrainage aux étudiants qui travaillent à domicile, ou des bourses d’études. Le montant de ces bourses augmente parfois en fonction du nombre de semaines de travail, ce qui incite à travailler tout l’été. Les transformateurs veulent également recruter davantage d’immigrants récents, qui font face à des taux de chômage supérieurs à la moyenne.

Le CTAQ, pour sa part, a lancé une campagne intitulée La transformation alimentaire est si importante afin de faire connaître son industrie. « Il faut promouvoir ces métiers auprès du grand public et casser certains mythes, comme les bas salaires, explique Dimitri Fraeys. Les salaires dans la transformation des aliments sont compétitifs par rapport à ceux du reste de l’industrie manufacturière. »

Place à l’automatisation

La pénurie de main-d’œuvre affecte également les producteurs agricoles. “La situation est dramatique, notamment du côté des saisonniers et des abattoirs”, prévient Marcel Groleau, président général de l’Union des producteurs agricoles. Il note qu’Olymel cherchera entre 3 000 et 4 000 employés d’ici cinq ans. Quant aux fermes, plusieurs ont connu des retards dans l’arrivée d’employés étrangers temporaires en raison des restrictions sanitaires.

Bien que le manque de main-d’œuvre freine la croissance des entreprises, il est encore difficile d’améliorer les perspectives d’embauche. L’augmentation des salaires, par exemple, est un outil très limité. Dans certaines productions, comme les fraises et les framboises, les salaires représentent plus de la moitié des coûts de production. Toute augmentation affecte les prix et rend les fruits moins compétitifs face à certaines importations.

De plus, plusieurs jeunes quittent leur emploi en pleine récolte, car les CEGEP reprennent leurs activités en août. Par conséquent, les producteurs ont suggéré de retarder le début des cours. Cependant, cette option n’a jamais été discutée avec la Fédération des cégeps. Les viticulteurs se tournent également vers les retraités, très présents dans les régions agricoles.

Quoi qu’il en soit, « la solution passera probablement par l’automatisation, ce qui réduira les besoins en main-d’œuvre », indique Marcel Groleau.

***

En 2020, les transformateurs d’aliments et de boissons canadiens ont besoin de 56 000 nouveaux travailleurs pour atteindre leurs objectifs de croissance de 2025.

Source : Compétences en transformation des aliments Canada

Un poste vacant dans cette industrie, en 2020, représente une perte de revenu net de 190 $ par jour. Si la situation ne s’améliore pas, les pertes attribuables aux postes vacants au Canada atteindront 3,1 milliards de dollars par année.

Source : Compétences en transformation des aliments Canada

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here