Agrobusiness au Maroc : Les projets d’investissement se multiplient

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L’agroalimentaire est un secteur important de l’économie marocaine. Il regroupe au total 2 100 entreprises, emploie 161 671 personnes, génère un chiffre d’affaires de 161 milliards de DH et une valeur ajoutée de 39 milliards de DH, ce qui représente 25% du PIB industriel. Elle contribue également à 15% des exportations industrielles avec un chiffre d’affaires à l’exportation de 32,8 milliards de dirhams.

Lors d’une rencontre organisée par le ministère de l’Industrie sur l’écosystème agroalimentaire, les opérateurs publics et privés ont échangé sur les avancées du Maroc dans ce secteur mais aussi sur le potentiel à exploiter et les défis qui restent à relever.

Les résultats du contrat programme

L’agroalimentaire est l’un des secteurs ciblés par le plan d’accélération industrielle lancé par le ministère de l’Industrie. Elle a bénéficié d’un contrat programme (2007-2021) qui prévoit un investissement de 12 milliards de DH, dont 8 milliards de DH par des opérateurs privés. L’Etat contribue à hauteur de 4 milliards de dirhams à travers le fonds de développement agricole et le fonds d’investissement et de développement industriel.

Le contrat programme fait référence à 7 filières prioritaires qui sont : la valorisation des fruits et légumes frais, la transformation des fruits et légumes, l’industrie laitière, la biscuiterie – chocolaterie – confiserie, l’industrie des pâtes et couscous, l’industrie de l’huile d’olive, et l’industrie de la viande. Il vise à favoriser le développement du secteur par une série de mesures de soutien et d’accompagnement dans les domaines de : l’investissement, l’exportation, la commercialisation, l’innovation, la certification et la normalisation.

Ali Seddiki, directeur général de l’industrie au sein du ministère, a relaté les réalisations de ce contrat programme. Il aura donc permis de démarrer 283 projets d’une valeur de 8 milliards de dirhams investissement, qui finira par générer plus de 21 290 emplois directs et un chiffre d’affaires de 23,5 milliards de dirhams dont 6,9 milliards de dirhams à l’export.

122 projets de substitution des importations

La banque de projets mise en place par le Ministère de l’Industrie dans le cadre de la substitution des importations a permis de valider 122 projets agroalimentaires sur un total de 523. Cela représente un investissement total de 3,7 milliards de dirhams, qui créera à terme 13 109 emplois directs. Cela générera potentiellement un chiffre d’affaires de 5,1 milliards de DH et 2,1 milliards de DH à l’export. rapportant ainsi 7 milliards de dirhams à la balance commerciale du Maroc.

Moulay Hafid Elalamy a indiqué que dans le cadre de cette stratégie, son ministère a approché le secteur de la distribution pour contribuer à cet effort national de substitution des importations. Il ajoute que les supermarchés (grandes et moyennes surfaces) sont intéressés à développer leur offre locale, présentent une meilleure qualité, des prix plus bas et moins besoin de capacité de stockage. Ayoub Azami, PDG de Marjane a confirmé que son groupe agissait pour intérêt pragmatiqueen commençant dans un premier temps par les secteurs de l’agro-alimentaire et du textile.

Rachid Sraidi, président de l’Association des Biscuitiers, Chocolatiers et Confiseurs (AB2C), a évoqué le point de changer le comportement des consommateurs marocains devenus plus exigeants. Il a insisté sur le fait que “c’est par une offre de produits innovants et de bonne qualité que nous pouvons stimuler l’appétit du consommateur, substituer les importations et exploiter le potentiel”.

Le secteur reste confronté à des défis

Le SME considère que ce qui est en jeu, c’est l’indépendance alimentaire du pays et ajoute que “nous avons un développement de la partie supérieure agricole qui a été réalisé de manière très forte, maintenant la partie inférieure doit pouvoir continuer”. Il admet également que « nous avons encore Logistique à améliorern’est pas au bon niveau. Nous devons améliorer nos chaînes du froid, nous devons optimiser nos chaînes logistiques. La petite et moyenne entreprise souffre à ce niveau, et le coût du transport et de la logistique reste élevé tant pour le marché local que pour l’export.”

D’autre part, « La décarbonation de toutes les industries aujourd’hui, ce n’est pas seulement avoir un bilan carbone intéressant à exporter, c’est aussi rendre l’entreprise plus compétitive. On peut non seulement décarboner, mais aussi réduire la facture énergétique des industriels », affirme le directeur général de l’Agence marocaine de l’efficacité énergétique (AMEE), Saïd Mouline.

Pour Amine Berrada Sounni, directeur général de la Compagnie Chérifienne de Chocolaterie (Aiguebelle) : « Aujourd’hui, les enjeux de la filière sont en innovation, compétitivité et R&D. Nous avons un consommateur exigeant et nous sommes confrontés à des accords de libre-échange où la concurrence est féroce. Ces enjeux sont donc une question de survie, mais aussi une opportunité ».

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