alimentée par la guerre en Ukraine, la production de pétrole et de gaz de schiste à un niveau record

0
30

L’histoire peut-elle se répéter ? En 2014, la montée du Pétrole Le pétrole de schiste américain avait contribué à réduire de moitié le prix du baril en quelques mois seulement. Avec lui guerre en ukraine et les sanctions annoncées contre la Russie, deuxième exportateur mondial de pétrole et de gaz, les prix s’affolent, dans un marché déjà sous tension.

→ LIRE. Une crise énergétique majeure se profile en Europe

En Europe, le baril de Brent s’est apprécié de plus de 40% depuis le début de l’année et oscille entre 110 et 120 dollars. Pour États Unisle baril de WTI a dépassé les 110 dollars, son plus haut niveau depuis 2011.

12 millions de barils produits par jour

Ces niveaux de prix deviennent très attractifs pour les commerçants. La production de pétrole est déjà de 12 millions de barils par jour (mb/j), soit le double de celle de 2020, selon les derniers chiffres du Département de l’énergie (EIA). Elle pourrait approcher les 13 millions de barils par jour en 2023, un niveau jamais atteint, qui conforterait les États-Unis comme premier producteur mondial.

→ LES FAITS. Le baril de pétrole repasse au-dessus de la barre symbolique des 100 dollars

Cette augmentation attendue est largement liée au pétrole non conventionnel, qui représente 65% des extractions du pays, notamment dans le bassin permien, une zone aussi grande qu’un tiers de la France, située dans l’ouest du Texas et le sud-est du Nouveau-Mexique.

L’industrie a été restructurée

Après une cascade de faillites (plus de 500 depuis 2015), comme celle de Chesapeake, l’un des pionniers, la filière américaine du schiste s’est restructurée. Beaucoup de petits joueurs ont été achetés par les plus grands. Les dettes ont été réduites et les coûts de production ont été réduits. Ainsi, une étude de la banque Citi table sur une augmentation de 30% des investissements pétroliers aux Etats-Unis cette année.

Reste à savoir si la tendance peut durer longtemps. Les experts sont divisés sur la question, notamment pour le pétrole. « Les producteurs américains de pétrole de schiste ont déjà développé bon nombre de leurs meilleurs puits. Ils ne retrouveront la croissance qu’ils avaient entre 2010 et 2015, que s’ils épuisent leurs réserves en quelques années »souligne Benjamin Louvet, responsable matières premières chez Ofi AM.

Plus de la moitié de la production totale d’un puits est obtenue au cours des deux premières années d’exploitation. Par conséquent, nous devons forer de plus en plus.

Record de production de gaz

sur le front de gaz de schiste, les activités sont déjà à un niveau record aux États-Unis. Selon l’EIA, la production de gaz aux États-Unis pourrait atteindre 104,4 milliards de “pieds cubes” (l’unité de mesure américaine) cette année, contre 101,5 milliards en 2021. En 2023, elle serait de 106,6 milliards de pieds cubes.

Les États-Unis, premier producteur mondial de gaz, ont également récemment pris la première place des exportations, devant l’Australie et le Qatar. En janvier, une centaine de navires transportant du gaz naturel liquéfié (GNL) à -161 degrés ont quitté les ports américains.

Les deux tiers sont allés en Asie, mais un tiers est allé en Europe, qui n’a jamais acheté de gaz de schiste américain, présenté comme une nouvelle alternative au gaz russe. “Sauf dans les contrats de longue durée, le choix de la destination est d’abord dicté par le prix que le client est prêt à payer”, souligne Thierry Bros, professeur à Sciences Po. Mais la flambée des prix en Europe réorganise les cartes. L’indice Rotterdam TTF, qui sert de référence, a atteint un nouveau record, avec 213,895 € par mégawattheure (MWh) le vendredi 4 mars.

Un sujet sensible pour l’administration Biden

Cette relance de la production est pourtant un sujet sensible pour l’administration Biden. Le président américain avait promis durant sa campagne de geler l’octroi de nouveaux permis sur les terres et les eaux fédérales, ainsi que de durcir les règles sur la fracturation hydraulique.

→ EXPLICATION. États-Unis : les géants pétroliers face à leur rôle dans la crise climatique

L’exploitation du gaz et du pétrole de schiste est, en effet, très controversée en raison de son impact sur le sol, mais surtout en raison des fuites de méthane, un puissant gaz à effet de serre, qu’elle génère. Dans l’extraction pétrolière, par exemple, le gaz associé qui remonte à la surface est encore trop souvent brûlé, faute d’infrastructures pour l’évacuer.

Selon une étude de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publiée mercredi 23 février, les émissions de méthane liées au pétrole, au gaz et au charbon ont ainsi augmenté de 5 %.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here