Ariège Énergies Locales veut influencer le marché de l’électricité

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Alternatives aux grands opérateurs nationaux comme EDF et GDF pour la fourniture d’électricité et de gaz, Enedis et GRDF pour la distribution, les Régies municipales d’électricité (RME) ont ancré leur histoire au début du XXe siècle, dans les territoires. Lors de la création d’EDF-GDF en 1946, certaines communes ont pu conserver leur gestion afin de maintenir un service public local, ce qu’elles ont continué à faire après l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence en 2007. Aujourd’hui en France, il y a environ cent cinquante entreprises locales de distribution comme RME, qui représentent 5 % de la distribution totale d’électricité, desservent 2 500 communes et trois millions d’habitants.

En Ariège, il existe douze compagnies municipales d’électricité, de Varilhes à Mérens-les-Vals en passant par Hospitalet-près-l’Andorre, Tarascon et Saverdun, la plus ancienne, datant de 1893. Connue du grand public, elle dessert cependant, au sein son périmètre, plus de 13 300 clients, particuliers, collectivités et entreprises. Ces sociétés mesurent la consommation des fournisseurs d’énergie, exploitent six centrales hydroélectriques et gèrent leur réseau, soit 638 km de lignes, dont 262 km de lignes à haute tension. Ils gèrent également l’éclairage public de certaines communes et achètent l’énergie renouvelable produite par près de 300 producteurs photovoltaïques locaux raccordés à leur réseau.

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Habituées à travailler ensemble, les sociétés d’électricité de l’Ariège se sont regroupées en 1977 pour mettre en commun leurs ressources. En 2005, avec d’autres énergéticiens locaux, ils participent à la création d’Alterna, une filiale de commercialisation d’énergie qui vient concurrencer les plus grands fournisseurs français. En décembre 2021, les douze collectivités ariégeoises ont franchi une nouvelle étape en constituant un groupement d’intérêt économique (GIA). Sous le nom d’Ariège Énergies Locales, ce GIE leur permettra de « faire face aux nouveaux défis du monde de l’énergie ».

« La raison d’être du GIE est de continuer à toujours offrir à nos clients le même niveau de service, parmi les meilleurs de France. Il s’agit également de faire face à une gestion de réseau de plus en plus complexe, qui intègre de multiples acteurs, ainsi qu’aux évolutions réglementaires et technologiques. Par sa structure juridique, le GIE nous donnera aussi la capacité de rebondir pour accompagner les collectivités dans leurs objectifs de neutralité carbone et de performance énergétique », explique Gilles Capy, Président du Directoire de Mazères et Ariège Énergies Locales.

“Acteur” de la transition énergétique

Contribuer à la transition énergétique est évidemment l’un des principaux enjeux du moment pour les douze collectivités ariégeoises. L’électricité renouvelable produite par les centrales hydroélectriques et photovoltaïques représente actuellement 20 % de l’énergie qu’elles fournissent. Son objectif est d’aller plus loin dans ce domaine, en trouvant d’autres leviers de croissance qui pèsent davantage sur le marché français. « L’électricité équivaut à 25 % de l’énergie consommée. Ce sera 50 % en 2040. Il faudra produire plus, tout en faisant d’énormes économies d’énergie, notamment dans les bâtiments. A notre modeste niveau, nous avons un rôle à jouer », précise Gilles Capy.

Le premier projet du GIE sera dédié à la mise en place d’un système informatique commun à ses douze membres et au déploiement de compteurs communicants dans toutes les communes de son territoire. L’embauche récente d’un attaché commercial devrait également permettre aux 12 compagnies d’électricité de vendre leur énergie hors de leur portée, via la filiale Alterna, et d’attirer davantage de professionnels des secteurs des services et de l’industrie. Les entreprises réalisent déjà 30% de leur chiffre d’affaires, fixé à 35 millions d’euros en 2021.

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Sur la photo : Les douze sociétés de service public d’Ariège Énergies Locales emploient au total trente-trois personnes pour un chiffre d’affaires en 2021 de 35 millions d’euros, soit 3 % de plus. Elles exploitent six centrales hydroélectriques et gèrent également l’éclairage public dans certaines communes. Crédit : DR.

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