cette pomme est devenue un véritable phénomène mondial, les raisons ?

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Cette variété Pink Lady créée en Australie a conquis le monde grâce à un marketing soigné. En Europe, la France est le principal producteur.

Installés sur des plateformes, les saisonniers ramassent les derniers fruits mûrs de Pink Lady à un rythme très constant. Chacun doit déposer 150 kilos par heure, ce qui équivaut à abattre une dizaine d’arbres.

Même s’il y avait du gel sur Avril, les fruits sont beaux, colorés et charnus, explique Philippe Chauvet, le propriétaire du domaine. Je vais toucher au moins 70 cents la livre, soit 30 à 50 % de plus que la plupart des autres pommes.

Prix ​​​​de la dame rose

Cet agriculteur peut se réjouir devant sa récolte Pink Lady, l’une des rares variétés qui lui permet de prendre de l’avance dans le métier. Ses ventes ont doublé en dix ans et représentent aujourd’hui 8% du marché Française en courage, détrônant la granny smith de la troisième place du podium. Cette jolie sphère de couleur or et écarlate s’épanouit comme l’une des plus chères du rayon, où on la voit avec son packaging rose et son logo en forme de coeur (2,90 euros le kilo, fin 2021, selon Kantar).

Très forte, car la grande distribution et les importations espagnoles, belges ou polonaises pèsent sur le récompense, notamment sur celles du populaire gala (1,70 euros le kilo, 35 % du marché) et de la daurade (2 euros, 25 %). La concurrence a fait reculer le verger Français (-15% en dix ans), mais la surface dédiée à cette variété miraculeuse est en augmentation (+78%).

Explication, la production tricolore de Pink Lady (137 000 tonnes en 2021) est vendue aux trois quarts à l’export. Parce que la rose cartonne partout. Il est dans le top 3 des ventes en Europe du Nord. Son chiffre d’affaires mondial est estimé à plus de 1 500 millions d’euros.

C’est de loin la plus importante des pommes club, comme disent les professionnels pour désigner un fruit dont le nom est une marque déposée qui ne peut être utilisée qu’en échange de royalties. Ce n’est pas le cas des variétés internationales comme la golden, l’american red ou la fuji, qui sont libres de droit, mais dont la qualité est incertaine car moins standardisées.

L’origine de cette entreprise mondiale de pommes se trouve dans le travail de John Cripps, un Britannique vivant en Australie et employé par le ministère de l’Agriculture de Perth. En 1973, le botaniste croise une golden delicious et une lady williams.

L’hybride nommé Cripps Pink pour sa couleur est particulièrement croquante et douce, vertus appréciées par de nombreux consommateurs. Le nom Pink Lady est apparu en 1979 pour caractériser les meilleurs exemples de la ligne, qui a rapidement fait irruption sur son marché national (et détient toujours 45% des parts en 2020).

Le ministère dépose la marque et confie son exploitation internationale à Apal, un collectif de pomiculteurs australiens. Mission accomplie: remplir A cette époque, l’association a convaincu des arboriculteurs chiliens, sud-africains et américains de cultiver la Pink Lady. Les contacts avec les Français remontent au début des années 1990 et les premiers arbres ont été planté dans le Sud Est, la Vallée de la Loire et le Sud Ouest depuis 1994.

Ils ont été rejoints par des producteurs italiens et espagnols quelques années plus tard. C’était vraiment un pari fou de lancer une marque de pommes. Mais la qualité du fruit et la rigueur de son organisation ont payé, souligne avec admiration Josselin Saint-Raymond, directeur de l’Association nationale de la pomme et de la poire (ANPP), principale organisation professionnelle du secteur.

A la base de l’écosystème Pink Lady sur le Vieux Continent se trouve Star Fruits, éditeur renommé de variétés fruitières, basé au Pontet (Vaucluse). Cette société est une sorte de master franchisé pour les Australiens, à qui elle verse des redevances. Combien ça coûte ? Nous ne savons pas, mais Apal collecte environ 15 millions d’euros royalties par an dans le monde.

Star Fruits sélectionne les semis et les gaules pour les dix pépinières qu’elle a choisies pour préparer et vendre les pommiers dans FranceEspagne et Italie.

Une tâche très importante car les plantations doivent être renouvelé régulièrement : un arbre commence à perdre de sa vigueur au bout d’une quinzaine d’années ou se prolonger sans altérer les caractéristiques esthétiques et gustatives du produit.

Nous effectuons un travail de sélection continu pour maintenir la qualité et l’homogénéité des plantes et, si possible, les améliorer, explique-t-il. Renaud Pierson, directeur général de l’entreprise. Ainsi, les équipes de Star Fruits, sur recommandation d’Apal, utilisent désormais une mutation du Cripps original, appelée Rosy Glow, qui garantit une couleur plus soutenue du fruit.

Le deuxième pilier de l’organisation est Pink Lady Europe. Cette association de producteurs, également basée au Pontet, veille au cahier des charges ultra précis du fruit, son calibre, sa couleur, sa teneur en sucre, sa fermeté et sa saveur. Elle gère également les droits de plantation.

Pour maintenir notre côté premium, il faut avoir une croissance raisonnée, résume-t-il Thierry Mellenotte, le gérant. Bref, rejoindre le club n’est pas simple et le nombre de membres est actuellement limité à 700.

Surtout, à l’aide d’un budget tiré des ventes de la filière -environ 4% du chiffre d’affaires-, Pink Lady Europe surveille les vergers grâce à une équipe d’une vingtaine de techniciens qui visitent chaque agriculteur trois à quatre fois par an.

Il dispose également d’un panel de parcelles, réparties sur les différentes zones de production, où l’évolution du fruit est étroitement suivie (régression de l’amidon, surface de coloration et son intensité, etc.), ce qui permet de rendre compte en temps réel de la météo Les agriculteurs sur l’état de la croissance.

Cet encadrement n’est pas de trop, car la production de Pink Lady est assez difficile. En effet, c’est la pomme la plus longue à préparer avant d’atteindre les étals : 7 mois de soins et 700 heures de travail manuel à l’hectare, soit en moyenne 20 % de plus que les autres variétés. Vous pouvez obtenir 30 kilos de fruits de qualité Pink Lady par arbre, à condition de les surveiller de près, explique Philippe Chauvet dans son verger de Noves.

En effet, de nombreuses interventions minutieuses sont nécessaires : sélection des fleurs (ne garder que les meilleurs exposés au soleil), éclaircissage (élimination des fruits abîmés ou déformés), égrappage (élimination des feuilles qui donnent trop d’ombre)…. -, ce qui explique que le gabarit représente la moitié du récompense Coût de production.

Ces opérations sont également complétées par divers engrais (complément à base de potassium) et traitements phytosanitaires (azote, fongicide, insecticide, etc.) qui permettent d’obtenir le rendement souhaité et excluent, bien entendu, la possibilité de concevoir une Pink Lady bio. . Mais même en prenant toutes les précautions que l’on veut, il y a toujours un tiers de la production qui ne répond pas totalement aux critères de qualité, avoue Philippe Chauvet.

Les pommes sont triées dans l’une des 84 stations agréées Pink Lady Europe. Les pommes sont déposées en vrac sur une sorte de rail rempli d’eau où elles se déplacent le long d’un courant. Les fruits passent par des scanners qui calculent leur poids, évaluent l’intensité de leur coloration et identifient les défauts de leur vêtement. Ils sont ensuite classés selon leur taille (il en existe huit dans la gamme Pink Lady, de 80 à plus de 270 grammes).

Les fruits de moindre qualité sont utilisés pour faire des compotes (par cartes mères ou Andros notamment) ou jus de fruits (pour Tropicana ou MDD). En bout de chaîne, les fruits sont automatiquement emballés. Les conditionnements varient selon les marchés, explique François Mestre, co-dirigeant de Mesfruits à Cavaillon (Vaucluse), une de ces usines de pommes qui transforme 70 000 tonnes de pommes par an, dont 20 000 tonnes de Pink. Les Français préfèrent être servis sur des plateaux, les Anglais achètent des sachets de 1 kilo, tandis que les Allemands préfèrent des petits plateaux de six fruits.

Mesfruits, qui fait aussi partie des 14 distributeurs agréés de la filière, ne se contente pas de mettre en conserve les Pink Lady, il les conserve aussi : pour alimentation du marché jusqu’en juin, les pommes sont placées dans des chambres à 2 degrés, dans une atmosphère chargée d’azote où elles ne bougent pas. Qu’en est-il des négociations avec les grandes marques ? On ne fait pas le commerce des façades, précise François Mestre. Nous avons produit haut de gamme qui nous permet de laisser de la place à tout le monde.

On t’aime chez Pink Lady, résume le gérant à l’unisson les fruits et légumes un centre Leclerc dans le Pas-de-Calais. Ils contribuent à la vie du département. En fait, la marque australienne est la seule à avoir déployé une véritable stratégie marketing sur son créneau. Toujours utiliser des slogans pour le faire goupille pour un aliment particulier, bien plus qu’une pomme ou une gourmandise naturelle. Nous avons toujours utilisé des lignes simples, du rose, des clins d’œil au client et facteur de séduction, explique Thierry Mellenotte, directeur de Pink Lady Europe, qui supervise également la promotion de la marque.

Un budget d’environ 3% du chiffre d’affaires du secteur est utilisé pour réaliser de petites campagnes. télévision, une rareté dans le secteur des fruits et légumes. Comme notre taux de notoriété est déjà de 85%, nous misons de plus en plus sur les réseaux sociaux, les concours ou les communications pédagogiques sur les bienfaits de l’alimentation, poursuit-il.

Le modèle Pink Lady est-il donc duplicable ? Il existe au moins une success story similaire qui vient aussi des antipodes, celle de la marque de kiwis néo-zélandais Zespri, créée en 1997, qui clairement Inspiré de l’expérience australienne. Il y a de la place pour les variétés premium, mais cela prendra du temps, note Josselin Saint-Raymond, président de l’ANPP. Certains tentent leur occasion et les pommes “club” sont de plus en plus nombreuses. Ils représentent désormais 16 % de la production française, soit 6 % de plus qu’en 2012. Mais hormis le jazz qui décolle bien (31 000 tonnes en 2021), Joya, Choupette, HoneyCrunch, Tentation et consorts sont encore assez marginales. Pas facile d’imiter l’ogre Pink Lady !

Femme rose

Avec Pink Lady, il y a place à l’amélioration !

Avec l’aide des acteurs du secteur, nous avons reconstitué les composantes du prix d’un kilo de Pink Lady vendu à 2,90 € (2,85 € HT) en GMS (prix moyen observé en rayon fin 2021).

C’est un fruit qui a poussé dans un jardin dont la plantation a été amortie (2 000 arbres en sept ans par hectare). Le producteur obtient une marge de 0,30 €, la station de conditionnement 0,20 € et le distributeur environ 0,50 €.

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