comment la France est devenue numéro un en Europe

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Premier producteur devant l’Italie, deuxième exportateur mondial, la France bénéficie notamment d’un écosystème varié et d’une demande soutenue pour l’innovation des acteurs.

Les beaux jours et les envies de glaces sont de retour. Dans ce domaine, la France se porte clairement bien en étant le premier producteur européen en valeur avec un marché de 1 200 millions d’euros en 2020 devant l’Italie, selon une étude de Xerfi.

Côté consommation, les ventes augmentent une moyenne de 3 % par an sur les six dernières années, passant de 1 000 millions d’euros en 2016 à 1 220 millions d’euros en 2021. Seule exception à cette croissance, l’année 2020-2021 avec une baisse de 3,3 % » après une année exceptionnelle 2020 avec 1 260 millions d’euros de chiffre d’affaires Or, 2021 est en fait la deuxième meilleure année pour la catégorie des glaces.

« Depuis 10 ans, le glacier tire le marché des produits de grande consommation, et notamment des produits surgelés (+7 % entre 2019 et 2021), avec une croissance annuelle moyenne de 2,9 % de son chiffre d’affaires. Saison après saison, nous poursuivons notre démarche d’innovation pour séduire de plus en plus de consommateurs, tout au long de l’année », déclare Sylvie Galliaerde, Présidente de l’Association des Entreprises Glacières.

Une offre variée

Globalement, 84 % des foyers français déclarent consommer des glaces. En tête des ventes, les barres glacées (28% des ventes, +12% en un an) devant les cornets et les glaces en pot. Comment expliquer cette croissance constante du marché ?

“La France doit son offre à plusieurs caractéristiques qui soutiennent la demande, comme l’apparition des glaciers grâce à un climat favorable et une forte attraction touristique. Ou encore l’abondance de matières premières de qualité”, explique Matteo Neri, directeur d’études et expert en secteur agro-alimentaire pour Xerfi.

Même tendance que l’association des glaciers qui met en avant “la combinaison de nos atouts : premiumisation, collections permanentes et saisonnières, innovations, produits à valeur ajoutée, savoir-faire locaux, matières premières de qualité…”

Le savoir-faire local est en effet une réalité. Il y a 10 usines en France qui représentent 72% des revenus du secteur, sans compter la multitude d’artisans.

« Le secteur de la fabrication de glaces et sorbets a enregistré une augmentation continue du nombre d’établissements ces dernières années (+31 % entre 2012 et 2020). L’apparition de petits industriels explique en partie cette augmentation et le secteur se démarque du reste par une très forte proportion de structures artisanales (environ 90% des entreprises) », abonde Xerfi.

Encourager la consommation tout au long de l’année

Cependant, le cabinet d’études souligne que les quatre premières entreprises de son panel représentaient 80% du chiffre d’affaires du secteur en 2020. Ce sont les filiales des groupes leaders (Froneri, Mars, etc.) qui disposent d’importants centres de production en France.

Les innovations produits sont clairement un accélérateur. Selon NielsenIQ, les nouveaux produits génèrent +11,7% de chiffre d’affaires en moyenne. « Nous développons des innovations fortes autour de l’ultra gourmandise dans les formats bar, bar et cône : inclusion de sauces, jeux de textures, morceaux… Ce symbole de nourriture de confortAssociée aux codes graphiques actuels de nos emballages, elle vise à attirer de nouveaux consommateurs et inscrire la glace à de nouveaux moments de consommation, tout au long de l’année », explique la filière.

Par ailleurs, selon un sondage réalisé en février dernier, 52% des Français consomment des glaces tout au long de l’année.

Exportations puissantes

Un autre levier important pour le secteur est l’exportation. « Les glaces françaises sont très appréciées à l’étranger et la France capte 13 % des exportations mondiales de glaces en 2020. Parmi elles figurent les produits phares des poids lourds du secteur (Froneri, Häagen Dazs ou Mars Wrigley Confectionery) La France occupe ainsi la 2ème position en le classement des exportateurs mondiaux de glaces, juste derrière l’Allemagne. Dans ce contexte et malgré une baisse progressive ces trois dernières années, la balance commerciale de la France dans le secteur reste largement excédentaire (219 millions d’euros en 2020)”, observe Matteo Neri de Xerfi.

Pour les saisons à venir, le secteur entend capitaliser sur ses atouts, jouer la carte de la gourmandise mais aussi surfer sur la vague de l’éthique.

Objectif, renforcer l’offre en recettes véganes, glaces naturelles, sucre réduit, emballages recyclables, mettre en avant l’origine des matières premières, production made in France… 70% des Français seraient prêts à payer plus pour des glaces fabriquées avec des produits locaux et/ou des produits naturels.

Olivier Chicheportiche Journaliste d’affaires BFM

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