“Dans le rouge après deux semaines”, nos lecteurs peinent à s’adapter à la hausse des prix

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Carburants, gaz, électricité, alimentation… Pratiquement aucun secteur n’a échappé à la hausse généralisée des prix ces dernières semaines. Le portefeuille du Français en a pris un coup, comme en témoignent les nombreux témoignages de nos lecteurs, en réponse à notre appel. « Les enquêtes disponibles montrent une augmentation de la part des dépenses dites pré-engagées, c’est-à-dire engagées par contrat, comme l’énergie, le crédit et différents types d’abonnements (communication, assurance, etc.). Cela représente plus du tiers du budget des gens modestes”, explique Pierre Blavier, chercheur CNRS à l’université de Lille et auteur de Gilets jaunes, la révolte des budgets restreints (PUF, 2021).

Outre les loisirs, que la plupart de nos lecteurs reconnaissent limiter, ce sont même des dépenses essentielles qui deviennent plus difficiles à gérer. Prix ​​du carburant, qui a récemment dépassé les 2 euros le litre, est à l’honneur. Certains de nos lecteurs se disent assez chanceux (et capables) d’anticiper cette hausse de prix, et parfois de longue date, comme Didier, qui “a renoncé à la voiture solo il y a quinze ans”.

dépendance à la voiture

Mais, la plupart du temps, se passer de la voiture est un choix impossible. “C’est quand même obligatoire quand on a un jeune enfant”, témoigne Aude. Beaucoup de nos lecteurs se retrouvent dans cette situation, comme Laetitia, qui parcourt « 75 kilomètres en moyenne par jour » et a adopté le covoiturage avec ses voisins : « Il n’y a pas de transport en commun, nous sommes à la campagne. « Angélique estime ses trajets quotidiens à 60 kilomètres.

“Beaucoup de foyers n’ont pas d’autre moyen de transport que la voiture, ce qui introduit une dépendance à ce type de transport”, explique Pierre Blavier. Il renvoie aux problématiques liées à l’immobilier et à l’aménagement du territoire. Par ailleurs, le prix du carburant est important, mais la voiture renvoie plus largement à un ensemble de coûts et de réformes intervenus ces dernières décennies et qui ont rendu plus difficile la possession d’une voiture : le passage à 80 km/h, la durcissement des sanctions et des contrôles routiers, durcissement des contrôles techniques… »

“Les pâtes complètent n’importe quel repas”

Malheureusement, les transports ne sont pas le seul domaine touché par la hausse des prix. L’éclatement récent du conflit ukrainien, et avant lui la pandémie de Covid-19, sont des facteurs qui ont pu contribuer à accentuer la hausse des prix de l’énergie et produit alimentaires. Là aussi, nos lecteurs ont dû s’adapter. « Pour les courses, on n’achètera que l’essentiel avec la nourriture la moins chère, explique Aude. Nous privilégions les shorts, achetons en gros et en grande quantité. Et, bien sûr, on attend les promotions pour pouvoir acheter moins cher. »

Certains n’ont même pas eu d’autre choix que de se priver. Les loisirs, d’abord, comme Thierry, qui « supprime les abonnements aux hebdomadaires » et « achète ses livres d’occasion » : « Tout ce que je dépense en plus en énergie l’est en moins sur le reste. Mais aussi et surtout les choses nécessaires, comme le chauffage ou les repas. “Les pâtes agrémentent tous les repas, mais moi je mange”, explique Jean-Paul, “retraité locataire”. “Il y a un an, j’ai décidé de me priver de déjeuner”, ajoute Jean-Marc. Marie-Odile, a “diminué [son] chauffage”, résignée : “Je m’habille plus chaudement. »

Dans l’ensemble, nos lecteurs signalent une baisse significative votre pouvoir d’achat. C’est ce que confirment les bilans auxquels Pierre Blavier a eu accès : “Ce qu’on sait, c’est que pendant la présidence Macron, le pouvoir d’achat baissait dans le bas de la distribution (c’est-à-dire les ménages les plus pauvres), il augmentait un peu dans le milieu de la distribution, et a fortement augmenté au sommet de la distribution. La question est de savoir dans quelle mesure l’Etat pourra résoudre les problèmes de conditions de vie, et surtout les problèmes d’inégalités, qui se sont considérablement accrus. »

Stratégies pour économiser

Alors, quelles solutions pour mieux vivre ? Certains de nos lecteurs présentent des stratégies élaborées pour consommer moins. Frédéric a poussé l’optimisation à son paroxysme : « J’essaie d’avoir une conduite douce, de ne pas dépasser 2 000 tr/min, quitte à être à 90 au lieu de 110 sur les 2×2 voies… J’ai aussi surgonflé mes pneus : ils vont user un un peu plus vite, mais je vais me renseigner dans la consommation de carburant. J’essaie de quitter le travail en dehors des heures de pointe. Ce sont de petites choses mais je consomme beaucoup moins. Avec cela, il estime ses économies à 30 euros par mois.

Sophie, elle regrette l’arrêt progressif du télétravailqui aurait pu économiser de l’argent : “Aujourd’hui, je mets de l’essence dans ma voiture pour aller au travail, au lieu de faire exactement les mêmes tâches depuis chez moi, donc je peux gagner de l’argent qui me permettra de faire le plein de ma voiture avec du carburant qui servira à aller travailler… ! On marche sur la tête ! Enfin, l’inquiétude domine chez nos lecteurs. « Depuis que tout a monté, je suis dans le rouge après seulement quinze jours avec la même manière de gérer mon argent. difficile de tenir le budget et de profiter de la marge” déplore Julien, Reste à savoir si nous devrons nous serrer la ceinture encore longtemps.

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