Face à la hausse des prix du carburant, l’ingéniosité des passionnés de VR

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Pompe en main, le septuagénaire observe déplacer – trop vite – les chiffres de l’additif salé avec lequel il devra se contenter de son diesel à moitié plein. “Là on faisait 40 litres pour 77,43 euros”, raconte-t-il, “Avant on faisait 40 litres pour environ 60 euros.”

Pourtant, cette petite station-service de Lurcy-Levis, au bas de l’Allier, se négocie à 1 902 euros le litre, un prix inférieur à nombre de ses concurrentes. “C’est une catastrophe, cette hausse du prix de l’essence”, lance en riant Bernard, que rien ne semble abattre.

Cette flambée, déclenchée en partie par des sanctions économiques en réponse à l’invasion russe de l’Ukraine, frappe le plus durement le budget de ces touristes nomades, d’autant plus que leurs lourds camping-cars consomment deux fois plus qu’une voiture.

« Ça commence vraiment à faire mal, on se pose la question, est-ce que ça ne devient pas un luxe de voyager comme ça ? demande Simon Daval, 34 ans, qui parcourt l’Europe en camping-car avec sa compagne et dont les aventures sont suivies par 50 000 personnes sur sa chaîne YouTube “Péripléties”.

De l’économique au luxe ?

“A la base, le camping-car est vu comme un mode de vacances pas cher, mais si ça continue comme ça, il faut réfléchir”, confirme Pauline Moiret-Brasier dans une de ses vidéos où des centaines de camping-caristes partagent leurs craintes.

Cela intervient alors que les vacances en camping-cars, vans et camping-cars – équivalents plus populaires chez les jeunes grâce à leur popularité sur les réseaux sociaux – connaissent un regain d’intérêt depuis l’épidémie de Covid-19 et le retour en force des partis locaux.

Côté locatif, la hausse du prix à la pompe se fait aussi déjà sentir. “On a vu des annulations alors que le pétrole était vraiment très cher”, explique Augustin Bouyer, directeur du loueur WeVan.

Mais l’effet “le plus massif, est plutôt dans l’attitude d’attente, dans les réservations qui n’ont pas été faites”, précise-t-il, avec une baisse des demandes de devis.

“Cette situation figée nous fait revivre un peu la crise du Covid”, soupire-t-il, même si une amélioration est constatée depuis l’entrée en vigueur début avril d’une baisse de 15 centimes à la pompe.

Mais pour la grande majorité qui possède son propre véhicule, s’éloigner de ces vacances après l’investissement initial est plus difficile. “Même si les gens se plaignent, ils y vont”, assure Christian Millot, vice-président de la Fédération française des associations et clubs de camping-caristes.

“La plupart du temps dans mon club j’ai des gens qui me disent +on réduit les dépenses supplémentaires par rapport au prix du gasoil, puisqu’on ne veut pas réduire les kilomètres qu’on fait+”, précise-t-il en posant fièrement devant son pare-brise décoré. . avec une myriade de petits animaux en peluche.

Applications

“On travaille au milieu pour avoir le temps de trouver une station intéressante”, confirme Bernard Jacob, qui tourne encore en France grâce à des “moyens”.

Sa technique ? “Nous utilisons des applications comme Eco Fuel, Fuel Flash ou Cheaper Fuel pour trouver les meilleures stations”, explique-t-il en agitant son téléphone.

“Vu le prix du carburant, on va couper les dépenses sur d’autres choses, comme les sorties”, renchérit Michel Couturier, un retraité de 80 ans. “Peut-être qu’on va un peu moins au restaurant”, confirme sa femme Marie-Madeleine, 73 ans.

Assis à la table modulable de son véhicule spacieux, le camping-cariste aguerri pense au « plus juste économiquement », estimant que beaucoup « iront moins loin » ou se passeront de « campings ou d’aires de paiement ».

“L’avenir de nos voyages en camping-car n’est pas tout gris”, précise Pauline Moiret-Brasier, “il y a toujours moyen de se lancer dans l’aventure en réduisant nos consommations”. Grâce à l’éco-conduite, il explique l’avoir réduit de quatre litres au cent, économisant ainsi l’équivalent de « 800 euros par an ».

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