La croissance en Chine repart, malgré les chocs de Covid

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publié le lundi 18 avril 2022 à 08:34

La Chine a annoncé lundi un rebond de sa croissance au premier trimestre de 4,8% en un an, malgré des “défis importants” pour l’économie au moment où le confinement de Shanghai pénalise fortement l’activité.

Bien que sujet à caution, le chiffre officiel du Produit Intérieur Brut (PIB) de la Chine est toujours surveillé de près compte tenu du poids du pays dans l’économie mondiale.

Cette augmentation était largement attendue. Un groupe d’analystes interrogés par l’AFP s’attend à un rebond plus modéré (4,3%). Au quatrième trimestre 2021, le PIB du pays avait augmenté de 4 % en glissement annuel.

L’économie chinoise est confrontée à des “défis majeurs”, a reconnu un haut responsable économique lors d’une conférence de presse. D’un trimestre à l’autre, la croissance du géant asiatique n’a progressé que de 1,3 %, un rythme inférieur à celui de la période octobre-décembre (1,6 %).

La Chine, qui contrôlait largement le Covid-19 depuis deux ans, fait face à sa pire épidémie depuis le mois dernier.

Plusieurs dizaines de millions de Chinois étaient confinés en mars dans la métropole technologique de Shenzhen (sud), et continuent de l’être dans le nord-est du pays, berceau de l’industrie automobile, ainsi qu’à Shanghai, la capitale économique de la pays.

Contrairement à de nombreux pays qui choisissent de vivre avec le virus et de lever les restrictions, la Chine continue avec une politique zéro Covid.

– Consommation dans le rouge –

Endommagant gravement les transports et les chaînes d’approvisionnement, ces mesures ont entraîné la fermeture de nombreuses entreprises.

Ces difficultés se sont ajoutées à celles qui avaient déjà pesé sur l’économie chinoise ces derniers mois : ralentissement de la consommation, durcissement réglementaire dans divers secteurs comme l’immobilier et la technologie, et incertitudes liées à l’Ukraine.

En mars, les ventes au détail, principal indicateur des dépenses des ménages, ont reculé de 3,5 % sur un an, sa plus forte baisse depuis avril 2020, alors que le géant asiatique commençait à peine à sortir de la première vague de la crise épidémique.

Les confinements de mars ont “touché de plein fouet” les dépenses de consommation, notamment dans les magasins et les restaurants, souligne pour l’AFP l’analyste Rajiv Biswas, du cabinet IHS Markit (S&P Global).

Les conséquences du confinement à Shanghai en avril seront “importantes” sur la consommation, prévient Biswas, arguant que ses habitants ont le revenu disponible le plus élevé de Chine.

De son côté, la production industrielle n’a augmenté le mois dernier que de 5% sur un an, contre 7,5% sur les deux premiers mois de l’année.

Le taux de chômage est passé de 5,5 % en janvier et février à 5,8 % en mars.

Particulièrement surveillé par les autorités et calculé uniquement pour les citadins, le taux de chômage avait atteint un record historique de 6,2 % en février 2020, au plus fort de l’épidémie, avant de refluer.

Quant à l’investissement en capital fixe, sa croissance a ralenti au cours des trois premiers mois de l’année à 9,3% contre 12,2% à fin décembre, selon la BNS.

– “Vents contraires” –

L’impact des confinements sur l’économie est “probablement sous-estimé” par les chiffres publiés lundi, observe l’analyste Julian Evans-Pritchard du cabinet Capital Economics, qui se dit “surpris” par la résilience de la croissance.

Dans tous les cas, les chiffres d’avril seront médiocres en raison de perturbations logistiques, qui pèseront sur le PIB au deuxième trimestre, a-t-il déclaré.

Pékin s’est fixé un objectif de croissance d'”environ 5,5%” cette année, ce qui marquerait le taux le plus faible de la Chine depuis le début des années 1990, hormis l’année 2020 marquée par la première vague de Covid.

Compte tenu du contexte, cet objectif apparaît désormais “inatteignable”, a déclaré l’économiste Larry Hu du gestionnaire d’actifs australien Macquarie dans une note.

“La Chine est confrontée à de multiples vents contraires, notamment des blocages liés à Covid et (un ralentissement) du secteur immobilier”, a noté Hu.

Les déboires du promoteur Evergrande, au bord de la faillite, ont saisi tout le secteur.

Le secteur de l’immobilier et de la construction, qui pèse plus d’un quart du PIB du pays, avait joué un rôle clé en 2020 dans la reprise post-pandémique.

La situation actuelle contraste fortement avec celle de l’an dernier : la Chine a alors vu sa croissance bondir de 18,3 % au premier trimestre, en raison d’un effet de rattrapage avec 2020, lorsque le Covid-19 avait paralysé l’économie.

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