La Nouvelle-Aquitaine veut produire des pommes toujours plus qualitatives

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Loin des pratiques de l’agriculture conventionnelle, les Jardins Eco-responsables empruntent, si nécessaire, des procédés typiques de l’agriculture biologique.

Pourtant, il y a un peu plus de vingt-cinq ans, une poignée de pomiculteurs en France optaient pour une production fruitière intégrée à l’environnement. « La démarche, confidentielle à l’époque, rappelle Daniel Sauvaitre, président de l’Association nationale de la pomme poire (ANPP), a depuis gagné en visibilité et s’affiche désormais sous le label Vergers écoresponsables. Concrètement, pour les 1 300 producteurs désormais agréés, il s’agit de “produire des fruits sélectionnés pour leur saveur dans le respect de l’environnement et de la biodiversité”.

L’observation fine et le suivi des arbres limitent intelligemment les interventions

Loin des pratiques de l’agriculture conventionnelle, les jardins éco-responsables empruntent, si nécessaire, des procédés issus de l’agriculture biologique. “Une méthode prophylactique”, résume Victoria Sauvaitre, ingénieur agronome qui a rejoint l’exploitation familiale et hérité du bon sens du terrain, qui nécessite une observation et un suivi attentifs des arbres afin de limiter judicieusement les interventions, non sans avoir envisagé une autre méthode que l’utilisation de produits phytosanitaires.

Sélection de variétés

A Reignac, dans le sud de la Charente, les vergers éco-responsables du Tastet, plantés dans les années 1970 par le père de Daniel Sauvaitre, couvrent aujourd’hui 92 hectares (dont une petite partie en Dordogne). A perte de vue, pas moins de quinze variétés déploient leurs branches chargées de fruits moelleux. Une production annuelle d’environ 4 000 tonnes, avec une préférence pour “les variétés indigènes, plus rustiques et qui se distinguent des produits de grande consommation”, explique Daniel Sauvaitre.

Ici, le Belchard, reconnaissable à sa couleur jaune légèrement ridée et à sa chair ferme et sucrée, “n’a cessé de gagner du terrain” jusqu’à occuper plus de la moitié du verger. Et avec le développement de l’araignée rouge qui a empêché la maturation du fruit il y a quelques décennies, des attaques de gale (sorte de mildiou du pommier), quand les frênes attaquent encore la floraison. Pourtant, à l’issue d’une course où « j’ai vu les limites croissantes du traitement », l’arboriculteur salue un constat : « Les analyses des fruits à la récolte ne montrent aucun résidu, quand il y en a, seulement jusqu’à 5 à 10 % des limites maximales autorisées ».

La Belchard, une pomme locale et savoureuse qui occupe plus de la moitié de la surface de production du verger du Tastet.

La Belchard, une pomme locale et savoureuse qui occupe plus de la moitié de la surface de production du verger du Tastet.

Laurent Theillet / « SUD OUEST »

Il y a sept ans, la ferme charentaise est allée plus loin dans sa démarche environnementale en implantant un potager bio. “Un jardin expérimental”, minimise l’exploitant par rapport à sa surface d’un hectare et demi, où les variétés, qui ne sont pas toutes inscrites au catalogue, évoluent en fonction de leurs rendements à chaque récolte.

Démarche environnementale

Si la volonté était de répondre à la demande des consommateurs qui s’approvisionnent directement sur place, “nous avons aussi voulu pratiquer cette difficulté de ne travailler qu’avec des substances naturelles”. Une réalité tangible “et finalement pas si difficile” qui a surtout permis de tirer des leçons qui pourraient être dupliquées dans l’ensemble de la production. « Une façon de combiner encore plus avec l’aide de la nature », sourit le pomiculteur. Tant que vous avez les bonnes variétés de pommiers, ils sont capables de repousser naturellement les attaques tout en gardant une saveur intéressante. « La vraie révolution dans la culture de la pomme », selon Daniel Sauvaitre et sa fille Vitoria, qui jouent avec Vernoge, une association à l’origine de croisements variétaux pour une nouvelle génération de vergers.

Il est vrai que la réglementation française, plus contraignante qu’au niveau européen, a parfois forcé la main des professionnels. Mais ces derniers ont également été à l’initiative de changements dans l’utilisation des intrants. « C’est ce que nous voulons partager avec les consommateurs avec l’opération Vergers Ouverts (1). Expliquer nos limites productives, en assurant au consommateur qu’il est au cœur de notre agriculture », conclut le président de l’ANPP.

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