La TVA à 0% sur l’alimentation de Marine Le Pen rapporterait 13 euros par an aux ménages

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Les mesures de réduction de la TVA promises par Marine Le Pen seraient très coûteuses pour le budget de l’Etat et leurs effets sur le pouvoir d’achat seraient plus modestes que prévu.

La réduction de TVA est l’une des mesures clés du programme de Marine Le Pen par le pouvoir d’achat. Le candidat du Groupe national, s’il est élu, réduirait immédiatement la TVA sur une centaine de produits de première nécessité (sel, pâtes, huile, couches, etc.).

“Je supprime la TVA tant que l’inflation est supérieure de 1 point à la croissance”, a-t-il détaillé sur BFMTV, pointant du doigt les produits touchés par une “inflation très élevée”.

Une mesure qui serait assortie cette fois d’une autre réduction de TVA sur l’énergie que le candidat souhaite ramener à 5,5% au lieu des 20% actuels. Marine Le Pen se réjouit de faire entrer le carburant, le gaz, le fioul et l’électricité dans la catégorie des biens essentiels.

Quel serait l’impact sur les poches d’une suppression de la TVA sur ces centaines de produits alimentaires ? Dans une note, le cabinet Asterès estime qu’il serait inférieur aux estimations faites par le candidat

Les restaurateurs ont capté le déclin

« Si le passage de la TVA de 5,5 % à 0 % avait un effet intégral sur les prix, cela signifierait un gain de 133 euros pour les ménages français, soit une hausse du pouvoir d’achat de 0,3 %, reconnaît le cabinet d’études économiques. l’expérience historique montre qu’une petite partie des baisses de TVA est répercutée sur les prix, la majorité étant captée par les entreprises ou leurs salariés TVA sur les restaurants en 2009, Asterès estime que 10% de cette baisse bénéficiera effectivement aux consommateurs, soit un gain de pouvoir d’achat de 13 euros, soit 0,03% par foyer.

La firme évoque ici la baisse à 5,5% de la TVA dans les restaurants décidée en 2009. Selon une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP), les prix dans les restaurants avaient baissé de 1,4% dans un premier temps avant d’atteindre 1,9% en trente ans. mois après la réforme et un rappel à l’ordre de l’Etat. En d’autres termes, plus de 90 % de la réduction de la TVA n’ont pas été répercutés sur les prix. Les grands gagnants de cette réforme sont les restaurateurs, qui récupèrent 56 % des bénéfices.

Dès lors, un gain de 13 euros par an serait modeste au regard des sommes engagées. Le cabinet Asterès l’estime à 3 800 millions d’euros. Une somme que le candidat tenterait de financer avec, notamment, une taxe de 33 % sur les transactions financières.

Cette mesure s’adresserait avant tout à tous les Français : les modestes qui souffrent du retour de l’inflation, comme les aisés qui peuvent se permettre de payer un peu plus leur carrière. Et si en pourcentage le gain serait plus fort pour les plus modestes (entre +0,07% et +0,05% de pouvoir d’achat pour les trois premiers déciles), en valeur ce sont les ménages riches qui y gagneraient le plus car ce sont eux qui dépensent plus

Ainsi, Asterès estime que 30 % des Français les plus pauvres gagnent 10 euros par an en moyenne contre 17 euros pour les plus riches.

Astres.
Astres. © Astres

« Une aide directe aux ménages modestes serait plus pertinente qu’une baisse de TVA, estime le cabinet. Si cette somme[de 3.800 millones de euros]versée directement aux 10 % des ménages les plus pauvres, elle apporterait à ces ménages « un gain de pouvoir d’achat de plus de 10 %. [de38milliardsd’euros)étaitdirectementverséeaux10%desménageslesplusmodestesilenrésulteraitpourcesménagesungaindepouvoird’achatdeplusde10%”

Que se passe-t-il avec la réduction de la TVA de 20 à 5,5 % sur l’énergie ? Au-delà de la viabilité d’un une telle mesure conformément aux normes européennesquel serait le gain de pouvoir d’achat ?

28 euros dans le meilleur des cas

Selon une étude de Terre-Neuve, cette mesure, qui coûterait aux finances publiques 10 milliards d’euros, rapporterait déjà plus que la réduction de TVA sur les produits de première nécessité. Environ 28 euros par mois selon le think tank.

“Les ménages français dépensent en moyenne 1.540 euros par an en carburant pour se déplacer (dont 246 euros de TVA) et 1.602 euros en logement (dont 224 euros de TVA), rappelle Terra Nova, citant chiffres du ministère de la transition écologique. Au niveau de la consommation et des prix pour 2019, une baisse de la TVA de 20% à 5,5% devrait donc signifier une économie de 341 euros par an et par foyer (soit 28 euros par mois).

Sauf qu’en ce qui concerne la TVA sur les produits alimentaires, ce calcul est basé sur l’hypothèse que 100% de la réduction de TVA serait répercutée sur les prix finaux. Si les entreprises du secteur n’affectaient que 50% de la baisse (soit cinq fois plus que le secteur de la restauration en 2009), le gain serait en moyenne de 14 euros par mois. Une somme qui serait bien évidemment bien supérieure pour les propriétaires de SUV et de grandes maisons et moindre pour les Français modestes.

Une mesure coûteuse aux effets modestes qui priverait l’État de ressources pour investir dans la transition énergétique en subventionnant les énergies fossiles.

“Le passage de la TVA de 20% à 5,5% sur l’énergie signifierait cependant une augmentation de la consommation des ménages, soit pour leurs déplacements individuels, soit pour leur chauffage”, estime l’Institut Montaigne dans son chiffrage des mesures candidates. On peut estimer que cette mesure, isolée des autres, retarderait d’environ deux ans la réalisation des budgets carbone de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) pour les secteurs des transports et du BTP, tout en privant le budget du statut de financement capacitaire. . tandis qu’elle doit augmenter les investissements climat de 14 000 millions d’euros par an pour répondre aux objectifs de la SNBC.

*Modifier. Dans une première version de l’article, le montant de 13 euros par mois était indiqué par erreur alors qu’il est de 13 euros par an.

Frédéric Bianchi

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