L’agro-industrie veut “localiser” les compensations carbone

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La fédération de l’industrie agro-alimentaire (Fevia) incite ses adhérents à « verdir » leur production. La flambée des coûts d’aujourd’hui ne facilitera pas les choses pour les entreprises.

15 thématiques, 32 mesures : contribuer à la mise en place d’un système alimentaire durable, la Fevia s’ouvre largement. S’appuyant sur les résultats d’une enquête auprès de 2.500 consommateurs, la fédération belge du secteur alimentaire vient d’établir une “feuille de route” visant à mieux répondre à leurs attentes.

37%

Près de 4 consommateurs sur 10 sont prêts à payer plus pour des aliments produits de manière durable.

Pour 40% d’entre eux, la qualité et la durabilité priment sur le savoir-faire. Près de quatre consommateurs sur dix (37 %) sont prêts à payer plus pour des aliments produits de manière durable. Par « durable », on entend sécurité alimentaire (82 %), alimentation abordable et équilibrée (82 %), réduction des « déchets » (78 %) et des emballages (75 %), bien-être animal (72 %) et production locale (72 % ). ).

Ainsi, d’ici 2025, l’industrie agroalimentaire entend intégrer la notion de durabilité au sens large. Cela concerne à la fois la sécurité alimentaire et l’attractivité des entreprises en tant qu’employeurs, y compris la compétitivité et l’approvisionnement local. Sans oublier, bien sûr, les objectifs de “transition verte” à l’ordre du jour un peu partout. Dans ce chapitre, Fevia vise notamment à réduire de 30% les émissions de CO2 et les pertes alimentaires par rapport à 2005, un taux de recyclage supérieur et une consommation d’eau moindre par unité produite.

Décalages localisés

« Nous sommes clairement engagés sur les objectifs de -55% d’émissions de CO2 dans la chaîne alimentaire. Ils sont déjà en baisse de 18 % depuis les années 1990, mais en chiffres absolus, ils sont de retour. » prévient Anne Nachtergaele, directrice du développement durable chez Fevia. Il faut donc frapper dans tous les sens.

« Le gaspillage alimentaire concerne principalement le consommateur final, mais dans l’industrie il représente une perte de 1,5 %, soit plusieurs tonnes. travailler dès le départ sur des produits qui génèrent moins de déchets », souligne, citant en exemple la préparation d’une salade dont la feuille a la taille et la forme… d’un hamburger.



“Nous allons dialoguer avec les autorités et les parties prenantes en vue d’aboutir à la mise en place d’un système d’indemnisation localisé en Belgique.”

Anne Nachtergaele

Responsable développement durable chez Fevia

Incapables de réduire à zéro l’empreinte carbone nette, les entreprises utiliser les compensations d’émissions en finançant des projets de plantation d’usines. L’industrie agro-alimentaire apporte sa pierre à l’édifice en prônant une indemnisation la plus belge possible. “Dans les prochains mois, nous entamerons un dialogue avec les autorités et toutes les parties prenantes en vue d’établir un système de compensation localisé en Belgique. Cela devrait aider le monde agricole à réduire également son empreinte CO2”, déclare Anne Nachtergaele.

répartir la charge



“Les prix payés aux entreprises alimentaires aujourd’hui sont trop bas.”

Antonio Botelberge

Nouveau président de Fevia

Ces mesures auront bien sûr un coût, qui continue d’inquiéter les dirigeants de la Fevia, surpris par l’augmentation spectaculaire et généralisée des coûts qui s’est produite depuis la mi-2020. « Les matières premières alimentaires, qui représentent 50 % des coûts des entreprises, sont en hausse de 32 %. Ajoutez à cela le bond de plus de 400% des prix de l’énergie, le prix du transport et de l’emballage et les salaires qui vont augmenter de 4% et vous comprendrez que ces augmentations doivent être portées en aval. Les prix payés aujourd’hui aux entreprises agroalimentaires sont trop bas », souligne Anthony Botelberge, qui vient de succéder à Jan Vander Stichele à la présidence de Fevia.

2,7 %

La marge bénéficiaire la plus faible, en 2011, a culminé à 2,6 %. Aujourd’hui, il est de 2,7 %.

La référence aux négociations avec la grande distribution est transparente. Les marges de l’entreprise sont maintenant réduites à un filet. « La marge bénéficiaire la plus faible, en 2011, était de 2,6 %. Aujourd’hui, il est de 2,7 % et nous n’avons pas encore subi de plein fouet l’explosion des prix des matières premières », précise Carole Dembour, conseillère économique de la Fevia.

Par conséquent, la charge de contrainte doit être équitablement réparti, souligne le président sortant. « Sans cela, l’adaptation des entreprises à la situation risque de se faire au détriment de la qualité », prévient Jan Vander Stichele.

Résumé

  • La Fevia établit une « feuille de route » visant à rendre l’industrie alimentaire plus durable d’ici 2025.
  • Dans le spectacle, un 30% de réduction des émissions de CO2 et des pertes alimentaires par rapport à 2005, un taux de recyclage plus élevé et une consommation d’eau plus faible par unité produite.
  • L’industrie agro-alimentaire, favorable à une indemnisation la plus belge possible, prône également la mise en place d’une système de clearing situé en Belgique.
  • Ces mesures s’inscrivent dans un contexte de augmentation drastique et généralisée des coûts qui fait rage depuis mi-2020.

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