Le secteur agroalimentaire s’organise pour recycler les pots et barquettes de yaourt

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Publié le 27 janvier 2022 à 11:39

Il vend des pots de yaourt ou de viande dans des emballages recyclés en France. C’est l’ambition du consortium PS25, qui réunit plusieurs poids lourds de l’agro-alimentaire, dont Andros, Yoplait, Lactalis, LDC ou encore Bigard. Ces derniers annoncent ce jeudi en une déclaration son intention de “participer au financement du démarrage d’une filière française de recyclage du polystyrène”, une matière première utilisée pour la fabrication de pots de yaourt et de barquettes de viande ou de poisson.

Aujourd’hui, ces emballages ne sont quasiment plus recyclés en France. Sur les quelque 100 000 tonnes vendues chaque année sur le marché français, seules entre 4 000 et 5 000 tonnes sont recyclées en Espagne ou en Allemagne. Le reste finit enterré ou incinéré.

Après recyclage, « le résultat est un matériau hétérogène, qui sert à fabriquer des cintres ou des pots de fleurs. Par conséquent, les points de vente actuels ont une faible valeur ajoutée et les performances de recyclage sont assez faibles », explique Citeo, spécialiste du recyclage des emballages ménagers. “Les granulés de R-PS (polystyrène issu du recyclage) sont généralement noirs et jamais adaptés au contact alimentaire”, ajoute ce dernier.

économie circulaire

Depuis sa création en juillet 2020, le consortium PS25 travaille sur la viabilité économique d’une filière française de recyclage des emballages en polystyrène (PS). “Le recyclage du PS et le retour aux emballages permettraient d’apporter la circularité qui manque actuellement pour réduire l’impact environnemental des emballages en PS et répondre ainsi aux exigences de la transition écologique”, explique Syndifrais, qui représente les industriels. de produits laitiers frais.

Après 18 mois de réflexion, le groupe PS25 a conclu que la création de cette filière en France était possible d’ici 2025. puissance d’une filière de recyclage », explique-t-il. De même, la collecte et le classement de ces produits « sont sur la voie du progrès », tandis que « des technologies de recyclage ont été identifiées et sont en voie d’industrialisation ».

Future usine Michelin

En effet, ces derniers mois plusieurs projets ont été annoncés en France pour créer des usines de recyclage chimique du polystyrène, une technique qui permet de trouver du polystyrène apte au contact alimentaire. Parmi eux, Michelin, qui envisage d’implanter une usine en France pour traiter 15 à 20 000 tonnes de PS par an pour son démarrage prévu entre 2023 et 2024. Le britannique Ineos a également un projet d’usine à Wingles, dans le Pas-de-France. – Calais, une unité pilote qui démarrera en 2022.

Le secteur agroalimentaire, pour sa part, s’est engagé à maintenir son tonnage de produits PS mis sur le marché pour alimenter ces unités de recyclage. Elle s’engage également à acheter de la matière recyclée d’avenir et à poursuivre ses investissements dans l’éco-conception des emballages « pour mieux répondre aux cahiers des charges des recycleurs ».

Sans donner de montant précis, les constructeurs promettent également d’apporter un “soutien financier” à ce secteur émergent. « L’investissement direct de l’industrie agroalimentaire dans une usine de recyclage est possible, mais ce n’est pas vraiment prévu. Il s’agirait plutôt d’un soutien au financement de l’achat de plastique sale à la tonne et surtout d’un engagement sur le prix de revente du plastique recyclé”, précise Sophie Genier, directrice matériaux et recyclage chez Citeo.

21 kg de yaourt par an

Pour les industriels, il y a urgence. De tous les déchets plastiques qui envahissent les poubelles, le recyclage du PS est l’un des gros manques à combler pour atteindre l’objectif du 100% plastique recyclé avant le 1er janvier 2025, marqué par la loi anti-gaspillage et l’économie circulaire (Agec) adopté en 2020.

Et pour les pots de yaourt, le défi est de taille. Les Français mangent en moyenne 170 pots par personne chaque année, soit 21 kg. « Pour être recyclé, la première étape a lieu dans le conteneur de classement. Aujourd’hui, 50 % des Français peuvent classer tous leurs emballages, y compris cet emballage », rappelle Citeo.

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