le secteur de la réhabilitation énergétique s’alarme

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Depuis quelques semaines, le secteur de la réhabilitation énergétique alerte sur la baisse des certificats d’économies d’énergie (CEE) qui se répercute sur la réalisation des travaux, mais aussi sur la vente d’isolants. Dans ce contexte, plusieurs associations et syndicats demandent que le niveau d’obligation des CEE précaires soit relevé et que le système des CEE soit stabilisé.

Le 1er février, leLes membres de l’Initiative Rénovons ont alerté sur la baisse des Certificats d’Économies d’Énergie (CES), qui s’explique par la surproduction de certificats durant la période précédente. ” Ces stocks reportés à la nouvelle période font chuter les prix car les débiteurs ont déjà rempli une partie substantielle de leur nouvelle obligation. En fin de compte, cela entraîne une baisse des prix et donc des primes. “, ont-ils expliqué.

Principale conséquence : l’impact sur le CEE précaire, dédié aux ménages les plus modestes, qui aurait été réduit entre 30 et 40 %, donnant ainsi lieu à ” une division par trois des aides allouées à ces ménages ».

Coup dur pour le marché de l’isolation

Le 8 février, c’était au tour d’Ecima, une association qui regroupe principaux fabricants de ouate cellulosed’alerter le ministère de la transition écologique cosur l’impact de la baisse du CES sur les travaux de réhabilitation énergétique et la vente d’isolants, notamment pour les combles.

« Reflétant la tendance générale du marché pour tous les types d’isolation des combles, les ventes de housses de protection pour luminaires encastrés ont chuté de 80 % par rapport à l’année précédente en octobre, tandis que le volume de ouate de cellulose chute de 50 % sur la même période. »L’association était inquiète.

« Il semblerait opportun de lisser dans le temps la baisse des aides à l’isolation et de maintenir l’attractivité du CEE pour les ménages les plus précaires. Pour l’avenir, il est essentiel d’effacer au maximum les effets des vagues, en veillant à la stabilité du système CEE (annualisation des objectifs à l’intérieur de chaque période par exemple) et en tenant compte de l’analyse des principales organisations professionnelles de fabrication . et installateurs a demandé Emmanuel Bavouset, président de l’Ecima, dans une lettre adressée au ministère de la Transition écologique.

Augmenter le niveau d’obligation

Pour rappel, la cinquième période, qui court depuis le début 2022 jusqu’à fin 2025, fixe un quota d’économies d’énergie à atteindre par 2 500 térawattheures (TWhc)soit 17 % de plus qu’à la période précédente.

Un niveau d’obligation encore jugé insuffisant par Édouard Barthès, président du syndicat Symbiote, qui rappelle la proposition de l’Ademe de porter cette obligation à 3.000 térawattheures. ” Nous avons une 5ème période qui ressort à 2 500 TWhc. C’est bien parce que ça a augmenté par rapport à la 4ème période, mais on se rend compte que c’est trop bas, et surtout que ça ne tient pas compte des stocks de CEE qui étaient “, Il croit.

« Nous sommes aujourd’hui dans un scénario catastrophe puisque nous avons des prix CEE très bas et des chiffres qui ont considérablement baissé. On a des entreprises qui souffrent, qui ont une baisse drastique d’activité, et des clients qui ont un décaissement de plus en plus important, donc on est dans le pire des cas. », prévient le président de la Symbiote.

« Il y a entre 60 et 80 % de baisse du chiffre d’affaires des entreprises, avec des licenciements. On est passé d’entreprises qui ont grandi et qui avaient beaucoup d’activité, avec des clients et des portefeuilles pleins, et du jour au lendemain à rien, c’est-à-dire des aides qui ont diminué, un reliquat dépendant qui explose, et des entreprises qui n’ont pas eu le temps de passer. Nous avons donc aujourd’hui entre 60 et 80% de baisse des commandes, des clients et des travaux. “, il ajoute.

Pour remédier à cette situation, le syndicat propose notamment de relever le niveau d’obligation de 300 TWhc pour la précarité des CEE durant la 5ème période, afin d’effacer les progrès réalisés durant la 4ème période, et ainsi de faire monter le prix des CEE. ou revenir à la version précédente de pouces vers le haut. « Il faudrait revenir aux anciennes versions des pulsions pour laisser la place aux entreprises afin qu’elles puissent traverser ce coup dur, avec une valorisation minimale qui était de 5,5 € dans la CEE », propose Édouard Barthès.

Reste à savoir si le gouvernement sera réceptif à ces avertissements et propositions.

Entretien avec Claire Lemonnier

Photo en vedette : Adobe Stock

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