l’éolien dépasse pour la première fois le nucléaire et le charbon… mais reste loin derrière le gaz

0
26

C’est un nouveau pied de nez aux opposants à l’éolien, au moment où les deux candidats à l’élection présidentielle française veulent stopper l’implantation de nouveaux parcs sur le territoire – voire démanteler les installations existantes, à la mesure de Marine LePen. Car si les coûts de ces géants de la lame se sont effondrés en une décennie, comme le rappelait récemment le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), leur niveau de production dans certains pays flirte désormais avec des sources d’énergie plus traditionnelles… au point de les dépassant.

Ou du moins brièvement. Ainsi, aux Etats-Unis, les éoliennes ont fourni pour la première fois plus d’électricité en une journée que le charbon ou le nucléaire, a rapporté jeudi l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). Plus précisément, ils ont généré un total de 2 017 gigawattheures (GWh) d’électricité le mardi 29 mars, tandis que l’atome a produit 1 989 GWh et le charbon 1 822 GWh. C’est une étape symboliquement importante, car si l’éolien avait déjà temporairement dépassé les réacteurs nucléaires ou à roches noires outre-Atlantique, il n’avait jamais dépassé les deux en même temps à l’échelle d’une journée.

AIE 29 mars

Toutes conditions remplies

Il faut dire que des rafales ont traversé le pays ce jour-là : le Southwest Power Pool (SPP), qui couvre notamment les régions de l’Oklahoma, du Kansas, du Nebraska et du Dakota, et l’Electric Reliability Council of Texas (ERCOT), où de nombreuses éoliennes sont installées. installée. , avait enregistré de nouveaux records de pénétration du vent.

Dans le même temps, la consommation d’électricité a tendance à être plus faible au printemps, certaines centrales au charbon et nucléaires fonctionnaient comme prévu à un rythme plus lent, tandis que d’autres étaient arrêtées pour maintenance programmée.

A cela s’ajoute le fait que ” Les jours où les conditions météorologiques entraînent une augmentation de la production d’énergie éolienne, les producteurs concurrents de charbon et de gaz naturel sont souvent invités à réduire leur production afin que l’offre globale corresponde à la demande. dit l’EIA sur son site internet. De quoi permettre aux éoliennes de voler la vedette, au moins pendant quelques heures.

Si les conditions étaient exceptionnelles ce jour-là, un tel phénomène pourrait néanmoins se produire.” Plus souvent à mesure que la capacité éolienne augmente, selon Tyler Jubert, analyste du marché de l’énergie chez S&P Global. En effet, le marché américain est très prometteur pour l’éolien, car avec pas moins de 100 projets prévus, l’administration du président Joe Biden tente de regagner le terrain perdu dans le domaine lors de la précédente législature. Cette année seulement, 7,6 gigawatts (GW) supplémentaires devraient être mis en ligne, selon les prévisions de l’EIA.

Éolienne géante : la délicate question du recyclage des pales est résolue

Le facteur de charge éolien reste faible

C’est ça” il n’est pas certain que cette performance se reproduise régulièrement à court terme », tempère l’EIA. Et pour cause, la production de ces pelles géantes reste par nature intermittente et incontrôlable, c’est-à-dire conditionnée par les conditions climatiques, contrairement aux centrales atomiques ou à hydrocarbures. Pour preuve, la capacité théorique totale d’énergie que peuvent produire les éoliennes dépasse déjà celle des réacteurs nucléaires depuis septembre 2019, mais leur contribution réelle au réseau est encore plus faible, sauf événements particuliers.

Pas en vain, puisque son facteur de charge, c’est-à-dire le régime moyen de fonctionnement, n’a pas dépassé 35 % en 2021, quand celui des centrales nucléaires s’élevait à 93 %, selon les données de l’EIA. Ainsi, l’agence américaine n’attend pas la production mensuelle d’éoliennes » dépasse la production de charbon ou d’énergie nucléaire pour n’importe quel mois en 2022 ou 2023 ».

Par ailleurs, la production d’électricité à partir de gaz fossile, qui est obtenue principalement par fracturation hydraulique outre-Atlantique, restait la principale source d’électricité au 29 mars, avec 3 287 GWh fournis au réseau, soit plus de 1 000 GWh. plus que du vent, selon l’EIA Hourly Electricity Network Monitor. Si l’éolien se taille une place de choix dans le mix électrique américain, il n’est pas encore près d’éclipser les énergies fossiles, encore largement dominantes.

Éoliennes : que faut-il faire pour les faire accepter par la population, selon la Cessation