Les entreprises font les frais de la crise énergétique

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Publié le 26 octobre 2021

Arrêt des unités de production, marges réduites à zéro, ventes à perte, moindre compétitivité sur les marchés internationaux… de plus en plus de secteurs alertent sur les conséquences de la hausse des prix de l’énergie. Si les ménages ont reçu un coup de pouce de l’État, les entreprises demandent également un soutien pour éteindre l’incendie à court terme et stabiliser les prix de l’électricité à plus long terme.

Des mesures pour aider les entreprises à aller de l’avant la tempête de la crise de l’énergie se fait attendre depuis longtemps. Alors quoi le coût de l’électricité a triplé et celui du gaz a plus que quintupléSous les effets conjugués de la crise climatique, des tensions géopolitiques d’approvisionnement, et d’une reprise économique avec, pour corollaire, l’envolée de la demande, certaines entreprises ne sont plus en mesure de supporter ces surcoûts.

Les usines arrêtent leur production car les prix élevés de l’énergie pèsent lourdement sur leurs marges“, prévient Nicolás de Warren, président de l’UNIDEN”.Les secteurs de l’aluminium et de l’électrométallurgie sont sous tension, tout comme l’ammoniac, où 50 % des unités de production ont déjà été fermées», ajoute le représentant des intérêts des industries consommatrices d’énergie.

L’industrie papetière, également très énergivore, s’inquiète également des conséquences de ces hausses de coûts. “Dans notre secteur, l’énergie est le deuxième poste de dépense après les matières premières. La consommation électrique est incompressible“, déclare Olivier Riu du syndicat Copacel des papetiers”.L’augmentation est à un niveau sans précédent et dans certains secteurs comme la production d’emballages cadeaux où les marges sont très serrées, la situation devient très difficile pour de nombreux producteurs.», ajoute le représentant.

“Si cela continue, il faudra arrêter de livrer”

Le secteur agroalimentaire est également l’un des plus énergivores. En Alsace, Philippe Heimburger, PDG de Pasta Grand’Mère, évalue le surcoût lié à la hausse des prix de l’énergie à «quelques centimes par kilo de pâtes produites“parce que l’industrie consomme beaucoup d’énergie”.Nous sommes entrés dans une spirale inflationniste. La hausse des prix de l’énergie s’accompagne d’une hausse des coûts d’emballage, Logistique (tous deux liés à la hausse des prix de l’énergie, ndlr) le blé dur mais aussi les salaires. Résultat : nous vendons à perte“, regrette celui qui a repris l’entreprise familiale fondée en 1946 par son grand-père.”Nous demandons aux supermarchés d’augmenter nos prix mais pour l’instant ils nous refusent. Si cela continue, nous devrons arrêter de livrer», prévient l’un des six derniers fabricants de pâtes alimentaires en France (il y en avait plus de 400 après-guerre) qui attend le soutien des pouvoirs publics.

L’Etat a identifié des pistes pour faire face à ces hausses, notamment une baisse de la taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE) qui génère une baisse de près de 200 millions d’euros pour 66 térawattheures (TW) de consommation industrielle Bercy souligne . Le ministère a également lancé une réflexion sur un mécanisme de compensation des coûts indirects du carbone. Cette aide, qui est généralement versée un an plus tard, pourrait être versée en tenant compte de la dernière année. Elle devrait “compenser le coût du CO2 dans l’électricité que les industriels achètent», précise Bercy. A terme, un groupe de travail va travailler sur des solutions qui permettent aux industriels «conclure des contrats à long terme pour avoir accès à l’électricité à prix constant», indique le gouvernement. Nicolas de Warren salue «un processus de co-construction de nouveaux contrats à long terme, que nous réclamons depuis 2015 (…) mais pour le court terme il n’y a pas de compte, d’autres mesures devront être poussées“.

Réunis en Conseil européen jeudi et vendredi, les chefs d’Etat de l’UE n’ont pas trouvé de solution. Ils ont convenu de se rencontrer en décembre prochain. Les industriels attendentsoutien aux entreprises pour amortir ces hausses», lance Olivier Riu, le représentant d’une industrie très exposée à la concurrence internationale avec 60 % des papiers et cartons déjà importés en France ».Il est difficile de répercuter les augmentations sur nos prix de vente, sous peine de perdre des clients au profit de producteurs étrangers plus compétitifs.», prévient-il. Parallèlement, la baisse de production se fait au profit d’entreprises concurrentes peu ou pas du tout affectées par la hausse des coûts, notamment celles qui utilisent le gaz de schiste, indique Nicolás de Warren.

Mathilde Gola, @Mathgolla

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