Les États-Unis augmentent la production de pétrole et de gaz pour réduire les prix

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Tant pis pour l’environnement, l’essentiel est de sauver les élections de mi-mandat. L’administration américaine a annoncé, vendredi 15 avril, la relance des opérations pétrolières et gazières sur les terres publiques fédérales. Au total, 173 lots occupant 58 275 hectares, répartis dans neuf États, seront mis en vente par le biais d’une procédure d’enchères.

Un moratoire déjà très éclaté

C’est un virage à 180 degrés pour la Maison Blanche. Au cours de sa campagne, Joe Biden il avait promis que la lutte contre le changement climatique serait l’une de ses priorités. Il a ensuite annoncé un moratoire sur les nouveaux projets d’hydrocarbures sur les terres fédérales, qui représentent environ 28 % du territoire, principalement dans l’Ouest, et moins de 10 % de la production américaine d’hydrocarbures.

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Mais en réalité, ce gel n’a jamais été appliqué. En pratique, l’examen des dossiers en cours n’a jamais cessé. Et en juin 2021, un tribunal fédéral a même suspendu la mesure, jugeant qu’elle doit obtenir l’autorisation préalable du Congrès pour prendre effet. Dans la foulée, le gouvernement a participé à des enchères de concessions pétrolières dans le golfe du Mexique, dans une zone pourtant protégée.

Des conditions plus restrictives

Ce feu vert pour de nouveaux forages sur des terres fédérales fait grand bruit au sein du Parti démocrate. Mais la Maison Blanche soutient qu’il ne s’agit pas d’un retour à l’ancien monde. La surface des concessions mises en vente est inférieure de 80% à celle initialement prévue. Les redevances demandées équivaudront désormais à 18,75 % des bénéfices, au lieu de 12,75 %. Ce taux n’avait pas changé depuis un siècle.

Les entreprises doivent également s’engager à utiliser les techniques d’extraction les moins dommageables pour l’environnement et doivent consulter les populations amérindiennes concernées.

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Mais plus que la météo, l’entourage de Joe Biden a aujourd’hui une obsession : faire baisser le prix de l’essence pour calmer la colère publique. À la pompe, il a atteint un sommet historique de 4,30 $ le gallon (3,8 litres) en mars, avant de chuter à 4,07 $ (un peu plus d’un euro le litre) le vendredi 15 avril. Cela représente une augmentation de 70 % depuis l’entrée en fonction du président en janvier 2021.

C’est vrai qu’à ce niveau c’est encore la moitié du prix de la France, mais les grosses voitures américaines consomment beaucoup plus. Le poste énergie est à lui seul responsable de la moitié de l’inflation enregistrée aux Etats-Unis.

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement multiplie les initiatives pour faire baisser les prix. Le guerre en ukraine et la pression américaine pour que l’Union européenne impose un embargo sur le pétrole et le gaz russes est également une source de tension sur le marché mondial.

Diverses mesures à impact limité

Fin mars, l’administration a annoncé son intention de puiser massivement dans les réserves stratégiques pour mettre 180 millions de barils sur le marché dans les mois à venir. Dès cet été, les distributeurs auront également le droit d’incorporer 15 % d’éthanol dans l’essence, au lieu des 10 % actuellement autorisés par la loi.

Mais l’impact de ces mesures sur les prix devrait être marginal. Il reste donc un retour aux fondamentaux, c’est-à-dire une augmentation de l’offre américaine de pétrole et de gaz. L’année dernière, Joe Biden a tenté en vain de faire pression sur les pays membres de l’OPEP, en particulier l’Arabie saoudite, pour qu’ils pompent beaucoup plus. Sans succès.

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Selon les dernières projections de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la production pétrolière américaine devrait augmenter de 17 % d’ici 2050. La hausse atteindrait même 24 % pour le gaz, c’est-à-dire qu’elle doublerait la croissance de la consommation durant cette période, ce qui permettrait aux États-Unis d’augmenter significativement leurs exportations sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL).

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