Les inquiétudes des artisans se cristallisent sur les prix de l’énergie et des carburants

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La tendance ne fait que se confirmer : près d’un chef d’entreprise artisanale sur deux considère déjà la hausse des prix de l’énergie et des carburants comme sa principale préoccupation, loin devant les difficultés d’approvisionnement en matières premières (21 %) et les problèmes d’embauche (16 %) . ). Une enquête réalisée par la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME, dont la Fédération française de la construction est l’une des fédérations professionnelles) du 1er au 25 mars, a permis de recueillir l’avis de 1 523 dirigeants sur ces questions d’actualité, son impact sur l’activité de l’entreprise et les solutions à envisager.

La reprise économique mondiale à la suite des fermetures de Covid avait déjà fait monter en flèche les prix de l’énergie et du carburant, mais la situation n’a fait qu’empirer par le déclenchement de la guerre en Ukraine. Les répercussions sur les prix des pompes en France se sont rapidement fait sentir, tant par les particuliers que par les professionnels : selon la même étude, 71 % des chefs d’entreprise interrogés ont indiqué être concernés par une hausse importante des prix des énergies autres que les carburants.

86% des TPE-PME regrettent déjà une baisse de leurs marges

Les plus concernés sont ici les industriels (76% d’entre eux), ainsi que les très petites structures qui ont signé des contrats d’électricité au prix du marché (jusqu’à 80%). L’électricité est utilisée par 87 % des entreprises interrogées, tandis que le gaz représente 34 %, le fioul 20 % et le bois 4 %. Le CPME précise que la somme des pourcentages dépasse 100 % dans la mesure où les entreprises peuvent utiliser diverses énergies. Par ailleurs, 35 % des entreprises de moins de 10 salariés interrogées et ayant souscrit un contrat d’électricité sont à tarif réglementé ou indexé, 20 % à tarif fixe ou garanti et 18 % à prix de marché.

Évidemment, c’est pour les TPE-PME que le contexte est particulièrement délétère : 86 % d’entre elles déplorent déjà une baisse de leurs marges, tandis que 22 % disent avoir dû augmenter leurs prix par vente. Plus d’un manager sur trois (37%) déclare aller jusqu’à « remettre en question leur modèle économique » Du fait de cette forte inflation, 18% remettent même en cause le maintien de leur activité dans une telle situation.

Intimement liée à la question énergétique, la question du carburant est également ressentie par les professionnels au quotidien. 46% des entreprises qui utilisent au moins un véhicule professionnel considèrent que cela a des conséquences négatives sur leur facturation, la cause la plus probable étant la limitation des déplacements (65%) induite par la hausse des prix à la pompe. Cela entraîne une baisse de leurs marges pour 93% d’entre eux et une augmentation de leurs prix de vente pour 36%.

Réduire les impôts pour mieux préparer la transition énergétique

Certains patrons ont cherché la parade : un tiers d’entre eux disent avoir acheté du matériel ou des véhicules moins chers, ou en tout cas prévoient de le faire prochainement. « Mais malheureusement, ce n’est pas possible pour tout le monde. Si les chefs d’entreprise estiment que le manque d’approvisionnement est le principal obstacle à l’acquisition d’équipements économes en énergie, pour les véhicules, les prix élevés sont un grand obstacle”Pourtant, le CPME le souligne dans un communiqué.

Cependant, le problème n’est peut-être que passager : 56% des sondés estiment que la hausse des prix est structurelle et ne va pas se calmer à court terme, mais 44% pensent en même temps que cette hausse est principalement due à des facteurs économiques, tels que le conflit russo-ukrainien. Mais la chose n’est pas forcément mieux acceptée pour autant : lorsqu’on leur demande si cette inflation est inéluctable ou n’est liée qu’à des décisions politiques, 29% des sondés pensent qu’elle est inéluctable car “lié à la transition énergétique”et 71% considèrent qu’elle découle directement des élections “Imposer de nouvelles restrictions aux entreprises”.

Parmi les solutions possibles proposées pour pallier ce phénomène, tant pour l’énergie que pour les carburants, les trois quarts des dirigeants ont proposé une baisse des impôts, jugée plus efficace que la distribution d’aides économiques. Le CPME, pour sa part, demande aux pouvoirs publics “agir à court terme” tout en offrant un soutien “en route vers la transition énergétique”.

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