Les prix de l’énergie attisent les divisions européennes

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Au menu des réunions des ministres des Finances de l’Union européenne (UE) lundi et mardi, le prix de l’énergie doit aussi être le thème central du prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement les 21 et 22 octobre. Le lancement de ces débats au niveau européen témoigne de la pression politique hausse des prix de l’énergie et ses éventuelles conséquences sociales dans les États membres, dont certains n’hésitent pas à en vouloir à l’UE, alors que les instruments mobilisables à court terme pour protéger le pouvoir d’achat des ménages relèvent essentiellement des compétences nationales. Pourtant, certains gouvernements se sont lancés ces derniers jours dans des propositions de dépassement au niveau européen, dont la mise en œuvre plus ou moins réaliste, en tout cas, n’est pas immédiatement envisageable.

Parmi les positions les plus radicales adoptées, Paris a même remis en cause le fonctionnement même du marché unique européen de l’électricité. Le Gouvernement français pointe notamment la règle dite de “l’ordre de mérite” selon laquelle le coût de l’électricité, lorsque la demande est supérieure à l’offre, est indexé sur le prix du dernier KWh, ce qui explique que lela flambée des prix de l’essence situation entraîne une hausse des prix de l’électricité dans toute l’Europe. « Il y a une aberration au niveau européen. La hausse du gaz se répercute sur le prix de l’électricité. D’un point de vue économique c’est absurde, et d’un point de vue écologique c’est incohérent ». Bruno Le Maire s’est laissé emporter. « Le gaz ne représente que 20 % de la consommation d’énergie et pourtant il surdétermine l’ensemble de la facture énergétique. Nous devons éviter cette volatilité extrême. Bercy s’explique encore.

Démagogie

Une accusation largement jugée démagogique au sein de la Commission européenne (CE) où sont soulignés les mérites du système actuel, dont la France profite dans la plupart des cas en autorisant EDF, par exemple, à exporter au prix fort. « Vous devez faire attention à ce que vous dites sur l’Europe. (…) Les règles du marché européen sont telles que le carbone est utilisé en dernier recours » moulage Cela permet aussi d’avoir des prix moins chers en Europe qu’ailleurs », De son côté, il a interpellé Jean-François Carenco, président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), pour qui l’intégration du marché européen permet “Aujourd’hui, c’est à la France d’éviter 40 jours de black-out par an.”

Ce modèle de coût marginal était déjà la norme sur les marchés nationaux avant la création du marché européen de l’énergie, rappelle Thomas Pellerin-Carlin, directeur du pôle énergie à l’Institut Jacques Delors. « Pratiquement tous les marchés de l’électricité dans le monde qui se sont constitués au cours de l’histoire récente suivent en réalité ce modèle de coût marginal… On peut imaginer quelque chose de nouveau, mais pour cela Bruno Le Maire doit préciser ce qu’il a en tête. En tout état de cause, une réforme de ce type prendrait de nombreuses années sans garantie d’une plus grande efficacité ».

Le fait est que les pays de l’UE sont aujourd’hui à la merci des exportateurs de gaz, notamment la Russie, accusée de limiter délibérément son exportations vers l’europe. Pour y remédier, l’Espagne, soutenue par le Portugal et l’Italie, propose de recourir à des achats groupés de gaz naturel et de constituer des réserves stratégiques au niveau de l’UE. « L’autonomie stratégique de l’UE est incompatible avec l’exposition actuelle aux fluctuations des marchés internationaux de l’énergie, C’est ce que croit Madrid. Si l’achat en commun de vaccins fonctionne, pourquoi n’augmentons-nous pas notre pouvoir de négociation en achetant en commun de l’essence ?

possibilité d’achat groupé

« C’est une proposition réaliste au niveau technique, qui serait capable de rééquilibrer le rapport de force entre prestataire et client, mais peut-être moins réaliste au niveau politique. Plusieurs États membres, dont la France, l’Allemagne et l’Autriche, s’y sont opposés par le passé, convaincus que chacun agissant de son côté obtiendrait de meilleurs prix pour lui-même, grâce notamment aux liens privilégiés que leurs compagnies gazières entretiennent avec Gazprom, explique Thomas Pellerin-Carlin. Engie est par exemple actionnaire de Le projet Nord Stream 2 de Gazprom. Il serait intéressant de voir si la position française a évolué. Interrogé sur le sujet, Bercy botte pour l’instant au contact tout en se disant “prêt à envisager toutes les initiatives.”

“Cette proposition mérite d’être débattue mais elle rencontre de nombreux obstacles, d’abord politiques, et donc elle n’est certainement pas réalisable dans les semaines à venir”, a-t-il ajouté. créer une source à partir d’une autre délégation nationale. Il semble déjà impensable de décider de mettre en place un tel système avant la formation d’un nouveau gouvernement allemand. “Au niveau européen, il n’y a vraiment presque rien à faire à court terme”, décide ce même diplomate.

Boîte à outils

« La pression est sur l’UE, mais les réponses d’urgence sont toutes entre les mains des États membres. confirme Thomas Pellerin-Carlin. Les principales options sont de réduire le coût de l’électricité en réduisant la TVA et les taxes sur les factures d’électricité, Comment l’Espagne a-t-elle décidésubventionner la consommation avec des tarifs sociaux comme le chèque énergie en France ou simplement augmenter certains minima sociaux », conclut le chercheur.

La “Boîte à outils des mesures européennes” que la CE s’est engagée à publier dans les prochains jours devrait se contenter d’énumérer les « des mesures temporaires que les États membres peuvent mettre en œuvre à très court terme pour protéger leurs consommateurs vulnérables qui respectent la réglementation européenne », comme l’a dit le commissaire européen à l’énergie Kadri Simson.

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