L’industrie agroalimentaire s’inquiète de la hausse des prix des matières premières

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Le spectre de l’inflation s’étend à l’industrie agro-alimentaire. C’est le contenu d’une conférence de presse, en forme d’avertissement, donnée mercredi 15 septembre par Jean-Philippe André, directeur de Haribo France et nouveau président (élu en juin) de l’association nationale des industries agroalimentaires (Ania ). En cause, le prix exorbitant des matières premières agricoles et industrielles, ainsi que le coût du fret.

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« L’agro-alimentaire est une pépite françaisedit Jean-Philippe André. Je pense souvent au conseil d’Antoine Riboud (NDLR : le fondateur de Danone), ‘si tu as une force, travaille-la'”.. L’une des forces de l’économie française est donc son industrie agro-alimentaire, avec près de 15 000 entreprises dont 98 % de TPE/PME.

Elles emploient plus de 430 000 personnes et réalisent un chiffre d’affaires de 198 000 millions d’euros, soit 18 % du chiffre d’affaires de l’industrie. En 2020, le secteur a affiché un excédent commercial de 6,1 milliards d’euros.

une flambée des prix “inédit depuis 2008”

Ce dernier chiffre est à mettre en perspective avec l’excédent de 7,6 milliards d’euros réalisé en 2017, qui fait alerter Jean-Philippe André sur un risque de “poste d’exportation”. La France était le deuxième exportateur mondial en 2005, elle est aujourd’hui quatrième, derrière les États-Unis, l’Allemagne et les Pays-Bas.

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Si le chef veut se battre pour “attractif” des industries agro-alimentaires, c’est parce qu’elles sont aujourd’hui confrontées à “hausse des prix, sans précédent depuis 2008”selon une enquête réalisée auprès des membres d’Ania, représentative de la diversité des secteurs, de la taille des entreprises et de leurs régions d’implantation.

Cette hausse des prix touche les matières premières alimentaires, entre 5 et 55 % en un an. Cette hausse ne va pas s’arrêter, et est particulièrement prononcée pour le blé (+26% en août contre 16% en juin), les huiles (+39% contre 28% en juin), les fruits (+34%), touchés par gelées de printemps.

Hausse des matières premières et guerre des prix

Comme beaucoup d’autres secteurs, les industries agroalimentaires sont affectées par la hausse du prix des matières premières industrielles, qui oscille entre 3 et 59 %. Casi las tres cuartas partes de las empresas encuestadas señalan que el plástico es una de las principales causas de los costes adicionales, al igual que los envases de cartón, mostrando cada uno de los dos materiales un aumento de alrededor del 20%, al igual que L’énergie. Quant au transport maritime, il monte en flèche, avec une augmentation de plus de 85 %.

Les industriels se sentent donc pris entre cette inflation des coûts en amont et une guerre des prix en aval, “mère de tous les maux de la chaîne alimentaire”entraînant une baisse de 0,5 % des prix à la consommation dans les rayons.

« Nous ne sommes pas des pleureusesJean-Philippe André est ému, mais nous sommes à un niveau d’autodestruction de valeur systémique ». Sans compter que les industriels sont de plus en plus confrontés à ce que l’industrie appelle des pénalités logistiques, imposées par les distributeurs en cas de retard de livraison ou de non-conformité des produits. Touchant près de 40 % des entreprises interrogées, elles ont augmenté de 36 % en trois ans, à 200 millions d’euros par an.

“Défenseur d’une inflation alimentaire raisonnable”

Selon Ania, la hausse globale des coûts non répercutée sur les prix prévoit une plus grande destruction de valeurs et donc de marges (le rapport entre l’excédent brut d’exploitation et la valeur ajoutée) : – 7 % attendus en 2022, soit 900 millions d’euros.

A la veille de négociations commerciales qui, selon vous, seront “Justice de paix”Jean-Philippe André précise qu’il n’est pas “il n’y a pas de tabou pour prôner une inflation alimentaire raisonnable” – tout en rappelant au passage son soutien à la loi Egalim 2 visant à une indemnisation plus juste des Les agriculteurs.

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