L’opposition vénézuélienne demande à Washington de rechercher un accord pour relancer la production

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Va-t-on vers une levée des sanctions au Venezuela ? Ce n’est pas encore le cas, mais l’économie dévastée du pays et l’échec de l’embargo américain pour chasser Nicolás Maduro du pouvoir ont conduit 25 personnalités de la société civile, opposants au régime, à approcher le président des États-Unis pour permettre aux compagnies pétrolières étrangères rentrer dans le pays.

“Nous demandons instamment que les accords permettent le retour des compagnies pétrolières occidentales et d’autres entreprises privées pour revitaliser le secteur pétrolier vénézuélien, ce qui générera des emplois et favorisera la production locale”ils discutent dans une lettre ouverte à Joe Biden, ainsi que des élus et des représentants du gouvernement. Ils demandent également au gouvernement de Nicolás Maduro de faciliter les conditions desdits accords.

Tenir compte des problèmes humanitaires

La lettre, signée par d’éminents économistes, analystes, experts pétroliers et syndicalistes, conclut que “Les sanctions économiques et la pression politique maximale n’ont pas atteint leurs objectifs”. Ils recommandent que “Les négociations se concentrent sur les problèmes humanitaires pour trouver une solution en fonction de l’urgence de la situation”. Les signataires justifient leur démarche en invoquant la pauvreté dans laquelle se trouve la majorité de la population, une insécurité alimentaire qui entraîne de graves carences en matière de santé. Ils évoquent également des services publics très dégradés comme l’électricité, l’assainissement ou encore la qualité de l’eau. En 2021, le pays classé 46e parmi les pays les plus pauvres du mondeen parité de pouvoir d’achat, selon la classification établie par le Fonds monétaire international (FMI).

Ces opposants profitent d’une opportunité créée par le contexte géopolitique. Les sanctions imposées à la Russie en réponse à l’invasion militaire de l’Ukraine créent la nécessité d’augmenter la production mondiale de pétrole. La production du Venezuela augmenterait rapidement, disent les signataires, avec un retour des entreprises étrangères grâce à l’apport d’investissements et de technologies qui manquent à l’industrie pétrolière du pays. C’est un argument pour le champ occidental puisque les Etats-Unis ont décrété un embargo sur les importations de pétrole brut et de produits pétroliers russes, et les Européens plus dépendants étudient une mesure similaire.

En mars, Washington avait déjà envoyé une délégation de hauts fonctionnaires à Caracas discuter de ces perspectives avec le gouvernement, pour l’instant sans résultats très probants.

La production a été réduite à 750 000 barils par jour

Bien que le Venezuela, membre fondateur de l’OPEP, ne soit pas soumis à un quota dans le cadre de l’accord OPEP+, sa société d’État, PDVSA, n’extrait aujourd’hui que 750 000 barils par jour (b/j), selon l’AIE, un niveau bien inférieur aux 2,84 millions de barils par jour (mb/j) qu’ils produisaient encore en 2010, selon les chiffres du BP Statistical Review 2021. L’embargo qui interdit le marché international, ses principaux clients sont la Chine, l’Inde et la Malaisie, à laquelle le pays sud-américain vend son pétrole brut à rabais ou en échange d’un financement.

La sortie des compagnies pétrolières étrangères avait déjà commencé lorsque Hugo Chávez était au pouvoir. Mais de nombreuses majors américaines qui opéraient auparavant dans le pays pourraient revenir si un accord est conclu.

Les premières sanctions américaines contre le Venezuela sont intervenues en 2015 sous l’administration Obama et visaient sept responsables de la sécurité et de la justice accusés d’atteintes présumées aux droits humains. En 2017, l’administration Trump a imposé des sanctions plus larges qui ont bloqué l’accès du Venezuela aux marchés américains de la dette et des actions.

La réélection de Nicolás Maduro en 2018 lors d’un vote boycotté par l’opposition n’a pas été reconnue par la communauté internationale, y compris les États-Unis, qui étaient le principal acheteur de pétrole vénézuélien. En 2019, lors d’une nouvelle série de sanctions, Washington a interdit aux citoyens américains de traiter avec l’industrie pétrolière vénézuélienne.