Nòu Ariège-Pyrénées : une marque pour valoriser les produits agroalimentaires du département

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l’essentiel
La Chambre d’Agriculture de l’Ariège et ses partenaires ont procédé, ce mardi matin, au “pré-lancement” de la marque “Nòu Ariège-Pyrénées”. L’objectif est de mettre en valeur la “grande diversité” des produits agricoles du département et de faire en sorte que cette “richesse” et cette “qualité” soient reconnues localement mais aussi au-delà de la “frontière” ariégeoise. Mais il reste encore beaucoup à faire pour le lancement officiel prévu en septembre ou octobre.

C’est un projet dans lequel le président de la chambre d’agriculture de l’Ariège, Philippe Lacube, et ses équipes je travaille depuis un an et demi. Et même s’il reste encore beaucoup de travail à faire, ce dossier vient de franchir une bonne étape avec, ce mardi matin, le pré-lancement de la marque « Nòu Ariège-Pyrénées ».

« Nòu », en occitan, signifie « neuf ». Comme le numéro du département, mais aussi comme “le symbole de la nouveauté et de l’innovation que représente notre démarche”, souligne Philippe Lacube, qui souligne également que la prononciation “Naou” rappelle le mot anglais “now” pour “now”. “Parce que c’est aujourd’hui que ça se passe”, ajoute-t-il.

En présence de nombreux partenaires institutionnels (conseil départemental, communauté de communes et agglomération de l’ensemble du territoire, Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises, chambres consulaires) et privés (EDF, Crédit Agricole, Agence Ariège attraction…), qui est également président de l’association Développement des filières alimentaires et territorialisées en Ariège (Adafta) – structure propriétaire de la marque – est revenu sur les différentes étapes qui ont conduit à la création de cette dernière avec l’objectif affiché de “faire connaître en Ariège, mais aussi à l’extérieur du département, la diversité et la richesse de nos produits agroalimentaires ».

“La marque enregistrera le retour d’une délocalisation de la production et de la commercialisation”

“Mais on ne va pas faire de la vente directe”, précise Philippe Lacube. Pour cette raison, l’Adafta a travaillé avec des filières : pain, viande, légumes… « Pour le pain par exemple, nous avons réuni les producteurs de céréales de l’Ariège, les meuniers de l’Ariège, les boulangers de l’Ariège pour aboutir à un produit entièrement de l’agriculture en Ariège », explique-t-il. . Il en va de même pour la viande, le miel, le fromage… “Cette marque va marquer le retour d’une délocalisation de la production et de la commercialisation”, ajoute-t-il.

La marque

La marque « Nòu Ariège-Pyrénées » veut mettre en avant toute la production agroalimentaire du département.
DDM – DENIS SLAGMULDER

Reste la question du marketing, justement. A ce sujet, les choses sont claires : “Pour le moment, on ne retrouvera pas la marque en GMS (grandes et moyennes surfaces, ndlr)”. En revanche, la marque Nòu Ariège-Pyrénées souhaite créer son propre réseau de distribution. Cela commencera par des “corners” – des écrans en bon français – qui seront installés dans les accueils à l’automne. “Il y aura des produits pour commencer à habituer les consommateurs à voir la marque.” Ensuite, les “unités rurales”, comme celle de “Soulé”, à Christelle Record, à Baulou, ou les Halles fermières de la chambre d’agriculture, mettront en valeur les produits au label “Nòu”.

Commercialisation en GMS : “On va y aller pas à pas”

“Nous avons eu un grand débat pour savoir si nous allions travailler avec GMS pour commercialiser notre marque. Certains, dont moi, étaient un peu prudents, d’autres étaient en faveur. Nous avons décidé : nous n’allons pas y aller pour le moment.” annonce Philippe Lacube. Cependant, en 2022, Adafta travaillera à expérimenter un protocole avec un distributeur qu’il choisira lui-même et à qui il posera ses conditions. “Parce que je n’oublie pas le comportement de certaines marques l’an dernier, au moment du confinement, face à notre profession”, glisse Philippe Lacube. “Alors on ne ferme pas la porte à GMS mais on va y aller pas à pas et ce ne sera pas le dossier prioritaire”, prévient-il.

L’Adafta travaille également avec la Mairie de Foix pour implanter un point de vente au cœur de la ville. “Cela aurait du sens car Foix reste notre capitale”, souligne Philippe Lacube, qui réfléchit également “à une ambassade de l’Ariège” à Toulouse. “Cela peut être un lieu à plusieurs vocations : la vente des produits de la marque, un espace de restauration pour les déguster et un espace dédié à la promotion touristique du département.”

Produits sans OGM et “traçabilité complète”

Bien sûr, la marque veut défendre certaines valeurs, notamment du point de vue de la qualité. Ainsi, l’association des propriétaires de “Nòu Ariège-Pyrénées” a établi un cahier des charges très strict qui impose notamment une production 100% ariégeoise, sans OGM et une “traçabilité totale”. “Nous voulons que le consommateur sache exactement où, quand, comment et par qui le produit a été fabriqué”, précise Philippe Lacube.

“Une marque fédératrice”

Christine Téqui, présidente du conseil départemental de l’Ariège, est vice-présidente de l’association Développement des filières alimentaires et territorialisées de l’Ariège (Adafta). Il n’a pas hésité longtemps à impliquer la collectivité dans ce projet car, explique-t-il, “je vois dans cette marque la question du développement économique de toutes les filières agricoles du département, mais aussi la promotion de l’Ariège à l’étranger.” tout a du sens en termes d’agriculture et de tourisme », dit-il.

Il souligne également que « Nòu Ariège-Pyrénées est un repère fédérateur car il porte tous ceux qui existent en Ariège. Je pense notamment au Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises (le PNR est marqué « Valeurs parc », ndlr) qui participe aussi à une aventure.

Christine Téqui espère donc que les financeurs n’hésiteront pas à se faire connaître, y compris ceux qui habitent hors département. Car, insiste-t-il, “ils seront nos ambassadeurs”.

L’Adafta va lancer, durant l’été, une campagne de labellisation des producteurs. Avec l’ambition d’atteindre les plus de soixante ans dans l’ensemble du département. Parallèlement, elle continuera à chercher à attirer des investisseurs pour créer un portefeuille de la société civile (SCP) -le ticket d’entrée est de 10 000 euros- afin de lever des fonds d’un million d’euros. A ce jour, une dizaine de personnalités ont déjà accepté de prendre part à l’aventure.


Mots des producteurs…

Christophe Gaudel, éleveur caprin et transformateur : « J’adhère pleinement aux valeurs de la marque. L’avantage, pour moi, c’est que nous travaillons collectivement, ce qui me change de mon activité habituelle d’éleveur et transformateur de lait en fromage. notre propre rythme et voir ce que font les autres. Et cela vous permet de vérifier le dicton qu’ensemble nous sommes plus forts. Nous sommes tous là pour développer notre business et la marque va nous y aider, notamment en recherchant de nouveaux nouveaux marchés.”

Christelle Record, éleveuse de bovins à viande : “Éleveur de limousines et de vaches brunes des Alpes, je travaille avec des veaux à l’engrais, c’est-à-dire un veau nourri uniquement au lait de sa mère jusqu’à son abattage à l’âge de 5 mois. Aussi, lors du premier vêlage, il a créé un campagne des agriculteurs (Tout est du coin, NDLR) pour aider d’autres agriculteurs à vendre leurs produits. C’est pourquoi je sais que nous sommes capables de développer cette marque et de nous défendre contre les grandes surfaces.

Jean Philippe, investisseur : « Entrer dans cette marque est obligatoire »

Jean Philippe est né dans l'Aude mais a des racines ariégeoises :

Jean Philippe est né dans l’Aude mais a des racines ariégeoises : “La marque doit s’appuyer sur les diasporas ariégeoises.”
DDM – DENIS SLAGMULDER

Jean Philippe fait partie des onze investisseurs identifiés par Philippe Lacube au sein de la Société Civile de Portefeuille (SCP) en cours de création pour porter la marque Nòu Ariège-Pyrénées. « J’ai investi dans la marque Nòu Ariège-Pyrénées parce qu’elle donne une reconnaissance aux producteurs et aux produits ariégeois, et parce que c’est une marque exigeante », explique celui qui, en septembre prochain, se lancera dans la production de cecina avec son fils.

“Entrer dans cette marque, c’est obligatoire. Donc il y a des exigences à respecter. C’est pourquoi je pense que tous les chefs de département doivent investir dans la SCP. Et je pense qu’il faut aussi cibler les Ariègeois qui n’habitent plus du département. On ne fait pas assez confiance à notre diaspora, c’est dommage car ce seront nos ambassadeurs et nos consommateurs”, considère qui, bien que natif de l’Aude, a des racines ariégeoises. “Mes grands-parents vivaient dans le Couserans. Alors, oui, je suis ariégeoise.”

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