“On n’a pas de candidats” : quand l’industrie agroalimentaire échoue

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Assiettes dégustation Thomas Pesquet conditionnées par Hénaff dans l’espaceainsi que la crise liée à la COVID-19[feminine elles n’ont manifestement pas été suffisantes pour améliorer l’image de l’industrie alimentaire. Ce jeudi 18 novembre, sur le site de Triballat à Noyal-sur-Vilaine, 40 demandeurs d’emploi étaient attendus pour participer à l’opération Portes Ouvertes organisée par l’entreprise avec Pôle Emploi. Seuls 16 sont venus.

briser les clichés

Pas de surprise pour Anaïs Dugas, responsable de recrutement et formation pour la division ultrafrais de Triballatet Emilie Lemesle, directrice des ressources humaines chez Bordier. Les difficultés sont spécifiques à l’ensemble du secteur. Cela a conduit Frédéric Sévignon, directeur régional de Pôle emploi Bretagne, région bastion de l’agroalimentaire, à imaginer en 2020 une semaine dédiée au premier secteur industriel et employeur de France. L’initiative a pris cette année une dimension nationale, avec 180 manifestations et animations organisées du 15 au 20 novembre dans toute la France, en collaboration avec le réseau des Associations Régionales des Industries Agroalimentaires et l’APEC.

“Chaque fois qu’il est possible d’ouvrir les portes, de toucher l’outil de production, donne de très bons résultats en termes de perspectives et d’engagement »Frédéric Sévignon y croit. Les gens ont une vision rudimentaire de l’outil de production dans l’agroalimentaire. Cependant, les postes, l’équipe a évolué !raconte Rachel Portolleau, responsable de deux agences du spécialiste de l’intérim Synergie, dont une dédiée à l’alimentation et à la restauration, à Rezé, près de Nantes.

Des CDI qui ne trouvent pas preneurs

Alors que le secteur a progressé de 1% en 2020, la plupart des TPE et PME en son sein attendaient jusqu’à 85.510 embauches en 2021, selon l’enquête. « exigences de l’emploi de Pôle emploi. Mais ils peinent à trouver des candidats adaptés, alors qu’en Bretagne, par exemple, 62% des offres proposées sont des CDI ou des CDD de plus de 6 moisdit Frédéric Sévignon.

Entreprise de 1 400 salariés, Triballat recherche une cinquantaine de personnes. Avec la crise du Covid, les salariés ont quitté certains secteurs comme la restauration, mais où sont-ils ? ? Bien que cela puisse être un bon tremplin, nous n’avons pas de candidats, regrette Emilie Lemesle. Cependant, il n’est pas toujours possible de se former sur le tas. Pour certains postes, comme machiniste, nous avons des références prêtes à transmettre leur savoir, explique Anaïs Dugas. Mais dans d’autres emplois, comme pilote d’installation, vous avez vraiment besoin de candidats qui ont trois ou quatre ans d’expérience dans l’industrie.

Travailler parfois dès 4 heures du matin…

Il faut aussi trouver des gens qui aiment le travail d’équipe et qui soient ponctuels, capables de s’adapter à des rythmes décalés en 3×8 ou 2×8. Problème, un jeune motivé mais sans permis raconte qu’on lui a proposé un poste à partir de 4 heures du matin… à une heure où il n’y a toujours pas de transports en commun. Bien que les sites de production soient au cœur de la terre, au plus près des champs ou des ports, il faut être transporté le plus possiblereconnaît Rachel Portolleau, qui favorise les connexions pour augmenter le covoiturage et incite les entreprises à adapter leurs horaires de travail. Un demandeur d’emploi sur deux le fait à moins de 15 km de son domicile Selon Frédéric Sévignon, cabinets de recrutement et acteurs publics, dont les municipalités, travaillent ensemble pour les obtenir.

Mais comment rendre l’industrie sexy, notamment les abattoirs sous le feu des détracteurs de la viande et dont les conditions de travail peuvent être dégoûtantes ? Les températures y sont basses comme pour tous les produits frais, mais les combinaisons offrent une bonne protection, tandis que les équipements ont grandement atténué la fatigue et simplifié le travail quotidien.Frédéric Sévignon y croit. Qui voit les entreprises s’appuyer en parallèle sur leur marque employeur, leur responsabilité sociale et environnementale pour mieux attirer les jeunes générations.

Compenser un bas salaire

Des arguments d’autant plus importants que le secteur, qui souffre à son tour de très faibles marges, ne peut proposer des salaires élevés. Agromousquetaires, Cooperl ou Hénaff… Les grands groupes se mêlent pourtant d’augmentations de salaires ou de discussions en un mois 13. Dans les petits, Nous essayons de mettre en avant d’autres critères qui entrent en jeu : les valeurs de notre entreprise familiale qui donne plus de sens au travail, nos petites équipes, un management très participatifraconte Anaïs Dugas, qui incite ses interlocuteurs à regarder les avis donnés à l’entreprise sur LinkedIn.

Toutefois, Triballat a lancé des enquêtes de rémunération pour aligner, le cas échéant, leurs salaires sur le marché. Tandis que d’autres promeuvent des passerelles possibles entre différents sites de production, métiers… A Pôle Emploi, nous essayons aussi de convaincre les entreprises de profiter des différents plans gouvernementaux pour attirer les seniors, les jeunes ou les personnes en situation de handicap. .

Malgré tout, compte tenu de toutes ces difficultés d’embauche, l’intérim avance fortement. C’est déjà le quotidien de 54 000 des 356 670 salariés de l’agroalimentaire en France, et 11 000 des 54 000 qui travaillent en Bretagne. Chez Bordier, on ne s’appelle pas avantdit Émilie Lemesle. Pour la première fois, la célèbre fromagerie l’utilisera pour répondre à l’augmentation d’activité liée aux fêtes de Noël.

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