on vous explique les tensions autour du gazoduc Nord Stream 2 qui approvisionnera l’Allemagne en gaz russe

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La Russie a annoncé vendredi 10 septembre l’achèvement du gazoduc Nord Stream 2 sous la mer Baltique. Ce long tube de plus de mille kilomètres va alimenter l’Allemagne en gaz russe, après des années de polémique. L’ancien président américain Donald Trump, en particulier, s’y oppose depuis longtemps.

De quoi s’agit-il ?

Ce pipeline, long A 1.230 kilomètres sous la mer Baltique, il suit le même parcours que son jumeau Nord Stream 1, opérationnel depuis 2012, explique France 24 dans cette vidéo.

Nord Stream 2 a une capacité de 55 milliards de mètres cubes de gaz par an. Le Il doit permettre de doubler les livraisons de gaz russe à l’Allemagne, principal promoteur du projet, sans passer par l’Ukraine. La route augmentera la possibilité d’acheminer du gaz russe vers l’Europe à un moment où la production au sein de l’Union européenne est en déclin.

Opéré par Gazprom, le projet, estimé à plus de 10 milliards d’euros, a été cofinancé par cinq groupes énergétiques européens (OMV, Engie, Wintershall Dea, Uniper, Shell). Le projet touche à sa fin alors que les prix du gaz en Europe atteignent des niveaux record face à des stocks bas avant l’hiver. Ainsi, le prix du gaz réglementé a augmenté de 8,7 % en septembre en France, après 10 % en juillet et 5,3 % en août. Selon les déclarations du PDG de Gazprom, Alexei Miller, les premières livraisons de gaz via Nord Stream 2 devraient avoir lieu cette année, peut-être dès octobre.

Pourquoi était-ce une source de tension ?

Pour ses détracteurs, le gazoduc augmentera durablement la dépendance énergétique de l’Europe vis-à-vis de la Russie. En outre, contournant la route traditionnelle de livraison de gaz via l’Ukraine, Nord Stream 2 elle privera cet allié occidental d’environ un milliard d’euros par an de frais de transit. Après l’annonce de l’achèvement du projet, la présidence ukrainienne n’a pas tardé à proclamer que “L’Ukraine allait combattre ce projet politique russe jusqu’à son achèvement, après et même après le début des livraisons de gaz.”

Ancien président des États-Unis Donald Trump avait fait de la lutte contre le projet l’une de ses priorités, notamment parce qu’il cherchait également à vendre du gaz de schiste américain. Illinois Il avait également porté de sérieux coups aux travaux en approuvant une loi en 2019 qui imposait des sanctions aux entreprises impliquées dans la construction. Plusieurs entreprises, du fait de ces pressions, s’étaient retirées du projet, notamment du côté des assureurs qui couvrent le site.

Débutés en avril 2018, les travaux ont donc été interrompus en décembre 2019 alors qu’il ne restait plus que 150 kilomètres de canalisation à poser dans les eaux allemandes et danoises. Il a repris un an plus tard et Gazprom a pu annoncer le 10 septembre que le pipeline était terminé.

Qui a défendu le projet ?

La Russie, bien sûr, mais au sein de l’Union européenne, l’Allemagne a été le principal promoteur du gazoduc. Il l’a présenté comme un projet économique nécessaire pour réussir sa transition énergétique et pérenniser les livraisons dans toute l’Europe.

Il a finalement obtenu gain de cause après une retraite de Washington après l’arrivée à la Maison Blanche de Joe Biden. Le président démocrate, qui avait débuté son mandat dans une ligne extrêmement hostile à Nord Stream 2, dans la lignée de ses prédécesseurs, a permis l’élaboration d’un compromis germano-américain pour tenter de clore ce différend.

L’administration américaine a annoncé fin mai 2020 qu’elle levait ses sanctions contre la société Nord Stream 2 AG, en charge de l’exploitation du gazoduc, levant ainsi un obstacle essentiel à sa mise en place. Les États-Unis avaient alors annoncé en juillet un accord avec le gouvernement allemand pour mettre fin à leur différend.

Parmi ses principales dispositions : d’éventuelles sanctions contre Moscou en cas de dérapage et un engagement de Washington et Berlin à plaider ensemble pour la prolongation de dix ans des mesures qui garantissent le transit du gaz russe par l’Ukraine. Joe Biden a renoncé à bloquer le projet, estimant qu’il était trop tard et qu’il valait mieux miser sur l’alliance avec l’Allemagne, dont Washington veut assurer la coopération dans d’autres dossiers, notamment avec la Chine.

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