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Face à la menace russe, GRDF se prépare à une baisse de la demande l’hiver prochain

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Alors que la guerre en Ukraine plane sur l’Europe avec la menace d’une rupture des approvisionnements en gaz russe, les inquiétudes grandissent quant à l’hiver à venir. Et notamment en Allemagne, tellement dépendante de son voisin de l’Est en matière d’hydrocarbures que le régulateur prépare déjà un éventuel rationnement. Mais la France n’est pas protégée non plus, puisque 40 % des besoins de chaleur du territoire proviennent du gaz, qui fournit également jusqu’à la moitié de l’énergie en pointe hivernale. D’autant qu’une disponibilité historiquement faible de la centrale nucléaire implique actuellement un basculement un peu plus vers les énergies fossiles, afin d’ajuster l’offre à la demande.

Dans ce contexte pour le moins incertain, il faut économiser le gaz et l’électricité en France maintenant », prévenait hier dans Les Echos le président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), Jean-François Carenco. Un constat partagé par la directrice générale de GRDF, Laurence Poirier-Dietz, qui a annoncé mardi que le distributeur de gaz se préparait à des réductions de consommation en cas d’aggravation de la crise.

Coupure de courant industrielle temporaire

Y compris les non-élus, via coupes sélectives en cas d’urgence. En effet, d’ici quelques jours, l’exécutif devra publier un décret qui prévoit le débranchement de la charge, c’est-à-dire la réduction temporaire et planifiée de la consommation de gaz naturel de certains consommateurs. Les 5 000 sites qui brûlent plus de 5 GW/h par an, selon le Gouvernement, seront prioritaires, en plus de ceux qui assurent des missions d’intérêt général (écoles, hôpitaux, Ehpad, etc.).

Parallèlement, les gestionnaires de réseaux de transport de gaz GRTgaz et Téréga mènent une enquête auprès de leurs clients, afin de déterminer ceux qui pourraient, à terme, réduire partiellement ou totalement leur consommation. Quant à GRDF, Suite à l’enquête sur les délestages de l’année dernière, 1 650 clients ont indiqué qu’ils pourraient réduire une partie ou la totalité de leurs besoins en gaz en moins de deux heures sans impact significatif sur leur activité. », a fait valoir Laurence Poirier-Dietz dans une interview aux Echos.

Et d’ajouter que, « parmi eux, 130 ont des contrats interruptibles : ils bénéficient d’une incitation économique pour réduire ou arrêter leur consommation en moins de 24 heures. Si aux 1 650 de GRDF on ajoute les clients industriels de GRTgaz qui peuvent être déchargés, cela pourrait représenter une baisse d’environ 7 % des volumes consommés en jour de pointe ».

la sobriété de

Les clients particuliers ne seraient pas concernés. ” Mais ce qu’on pourrait demander à tout le monde, c’est d’économiser l’énergie. Par exemple, 1°C de chauffage en moins dans la maison, c’est 10 à 15 TWh de gaz économisé », a souligné le directeur général de GRDF devant la presse ce mardi, rejoignant Recommandations récentes de l’Agence internationale de l’énergie.

En ce sens, les outils de régulation des consommations comme les chronothermostats et les compteurs communicants aident déjà les ménages à “ boostez votre demande “, a-t-elle soutenu. Mais si seulement un million de clients ont créé un compte pour accéder à ces données, sur les 9,5 millions d’abonnés au gaz, GRDF assure que « envisage de renforcer [ses] clients en leur qualité ” pour le faire.

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Maintenir les usages thermiques

Cependant, ni le déversement ni l’enlèvement des déchets ne suffiront à construire un système résilient. Alors que sur ce sujet, l’électrification des usages a le vent en poupe pour en finir une bonne fois pour toutes avec les énergies fossiles », basculer complètement les clients du gaz vers l’électricité est une fausse bonne idée », a avancé Laurence Poirier-Dietz.

« Cela implique de devoir connecter des moyens de production supplémentaires, que ce soit du charbon ou du gaz, pour compenser l’intermittence de certaines énergies renouvelables. Et ce, alors que nous consommons deux fois plus de gaz que si nous en avions dans le chauffage directement dans ce logement. “, Elle a expliqué.

Le DG GRDF a plutôt préconisé l’installation de chaudières à très hautes performances énergétiques, ” qui permettent des économies d’énergie de 30% par rapport à une ancienne chaudière à gaz », ou encore pour les pompes à chaleur hybrides, qui, intégrant une pompe à chaleur air/eau et une chaudière gaz à condensation, « combiner le meilleur des deux énergies “, s’est-il vanté.

« Cette technologie a un bel avenir […] Dans les maisons individuelles déjà raccordées au gaz et dans les constructions neuves proches du réseau de gaz, c’est la solution la plus adaptée », ajoute Laurence Poirier-Dietz.

Accélérer avec le biométhane

Le fait est que la grande majorité du gaz naturel consommé aujourd’hui, quelle que soit la technologie choisie, est toujours d’origine fossile et contribue donc au réchauffement climatique. En ce sens, GRDF appelle à la mise en place de « des mesures concrètes et essentielles d’accélérer avec le biométhane, ce gaz renouvelable produit localement, le plus souvent issu de la fermentation d’éléments organiques. Elle espère ainsi atteindre 20 % de ce biogaz injecté dans les réseaux en 2030 – soit le double de l’objectif fixé dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) -, contre moins de 1 % aujourd’hui.

Et ce, en levant les limites administratives de production annuelle. “ Cela pourrait permettre de produire entre 10 et 15 % de plus, ce qui donnerait 0,5 TWh supplémentaire pour l’hiver prochain. », soit l’équivalent de la consommation de plus de 120 000 logements neufs chauffés au gaz, a fait valoir Laurence Poirier-Dietz. Mais aussi, a-t-il insisté, en allongeant la durée d’autorisation des contrats d’achat.

Surtout parce que, selon le directeur général de GRDF, les prix de marché du biométhane, qui se situent aujourd’hui entre 90 et 100 euros par MWh, devraient tomber à 70-75 euros par MWh en 2030. C’est-à-dire en dessous du prix de 80 euros. par MWh adopté par l’Ademe dans son étude « 100 % gaz renouvelable » et par le gestionnaire du réseau électrique national RTE dans ses scénarios « Futurs énergétiques 2050 ».

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