Pour l’EuroDrone, Airbus choisit le turbopropulseur proposé par la filiale italienne de General Electric

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Après des mois de débat sur les spécifications et les coûts, l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armements [OCCAr] enfin notifié le contrat pour le développement et la production du futur drone MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] européen [ou Eurodrone] à Airbus Defence & Space GmbH, maître d’œuvre de ce programme, mené en collaboration avec Dassault Aviation [chargé notamment des commandes de vol électriques] et léonard.

Cependant, un détail restait à régler, et non moins important : la motorisation de ce futur appareil, qui aura besoin de deux turbopropulseurs pour déplacer ses dix tonnes. Deux constructeurs étaient en compétition : le français Safran, avec l’Ardiden TP3, et Avio Aero, la filiale italienne de l’américain General Electric [GE]avec catalyseur [ex-Advanced Turboprop, ou ATP]

Le 25 mars, Airbus a mis fin au suspense, par le biais d’un communiqué : alors qu’il est dit sur tous les tons que l’Eurodrone est un grand programme d’autonomie stratégique européenne, le choix du maître d’œuvre s’est finalement porté sur le Catalyst qui, conçu by GE, équipera également le Beechcraft Denali du constructeur américain Textron.

« Le Catalyst a été choisi pour sa meilleure compétitivité. Nous avons une solution plus mature, qui est en cours de test sur un avion commercial. […], nous estimons, en comparaison, un risque de développement moindre », a expliqué Jean-Brice Dumont, responsable d’Airbus Military Aircraft. “C’est très important dans un programme militaire coopératif où les plannings sont serrés, et où nous avons un démarrage rapide difficile à gérer”, a-t-il ajouté.

De plus, a fait valoir le responsable d’Airbus, le Catalyst affiche de meilleures performances techniques tout en étant moins cher.

Cependant, même s’il est produit en Europe, cela pose la question de savoir si le Catalyst est concerné par la réglementation ITAR. [International Traffic in Arms Regulations]qui permet à Washington de bloquer l’exportation de matériel militaire dès lors qu’il contient des composants d’origine américaine.

“Le catalyseur est un moteur […] entièrement développé et fabriqué en Europe, conçu pour ne pas être soumis à la réglementation ITAR, ce qui permet de s’affranchir d’exigences supplémentaires en matière d’exportation », souligne Airbus dans son communiqué. Et ce, même si certaines parties seront américaines. “Nous nous en assurons par un audit”, a déclaré M. Dumont. Seulement que Washington ne devrait pas changer sa réglementation…

Une telle question ne se posait évidemment pas pour l’Ardiden TP3, Safran ayant mis en avant le fait que son turbopropulseur était de conception entièrement européenne. En outre, le motoriste français s’était affairé à nouer des alliances avec l’italien Piaggio Aerospace, l’espagnol ITP, les allemands MT-Propeller et ZF Luftfahrttechnik.

« Dans le moteur [de l’EuroDrone]Safran propose une solution à la fois performante et compétitive, qui a mûri dans le cadre du programme européen Clean Sky. […] Safran est le seul constructeur à proposer aux nations une véritable solution européenne. Et dans l’esprit du plan de relance européen, il serait surprenant que l’argent des contribuables européens soit utilisé pour financer une solution de motorisation concurrente, qui est actuellement en cours de certification auprès des autorités américaines », a déclaré Franck Saudo, PDG de Safran. Helicopters Motor, dans une interview Posté par La Tribuneen juin 2021.

Et celui-ci d’insister : « Enfin, le choix du moteur est naturellement une question de souveraineté pour l’Europe, qui doit conserver son autonomie en matière de motorisation. Les autorités françaises sont clairement mobilisées. Il me reste à souhaiter qu’Airbus et les nations prennent les bonnes décisions.

Pour rappel, ce programme européen prévoit la livraison de 60 drones [soit 20 systèmes] A l’Allemagne [21 appareils]en Italie [15]en France [12] déjà l’espagne [12] pour un montant de 7 100 millions d’euros. D’une longueur de 16 mètres et d’une envergure de 26 mètres, l’Eurodrone pourra voler à une vitesse de 500 km/h, avec une autonomie de 40 heures.

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