Produisant des parfums, l’usine Puig, implantée depuis 45 ans à Chartres, se développe dans l’industrie 4.0

0
21

Spécialiste de la mécanique et de la robotique, Christian Combeau vient du secteur automobile où il a travaillé pendant dix-neuf ans dans différents pays telles que l’Irlande, le Royaume-Uni, l’Italie, les-États-Unis et le dernier Brésil . En 2002, il rejoint Puig en tant que directeur de l’usine de Chartres. Il est aujourd’hui directeur général industriel de Puig et vice-président de la division Cosmetic Valley.

Qu’est devenue l’usine Puig, implantée à Chartres depuis 45 ans ?
45 ans, c’est l’âge de l’usine de Chartres, mais le groupe Puig est implanté en France depuis 1968. La construction de l’usine de Chartres, en 1976, qui s’appelait Paco Rabanne Parfums, s’est déroulée en pleine sécheresse en plus de un record de neige. 45 ans plus tard, nous sommes heureux d’être là, bien intégrés à notre territoire et cela a toujours été une source de fierté. C’est aussi une bonne décision pour la famille Puig de s’installer à Chartres. A cette époque, nous avons eu une aide extraordinaire de la Banque Régionale de l’Ouest, qui a grandement facilité cette installation. Puig en Chartres c’est aussi la reconnaissance du savoir-faire français avec les compétences au sein de notre usine.

Puig produit 30 millions de bouteilles de Paco Rabanne et Nina Ricci par an à Chartres

Combien de personnes Puig emploie-t-elle aujourd’hui à Chartres ?
Exactement 141 salariés travaillent à Puig en Chartres. Parfois, nous appelons des travailleurs temporaires. Cela ramène les effectifs à une moyenne de 150 à 160 personnes. Cela se produit chaque fois que nous avons des lancements de nouveaux produits ou une augmentation du travail en réponse à une augmentation de la demande, comme Noël.

A Chartres nous sommes spécialisés dans la production de gros volumes pour notre groupe.

Après les parfums historiques de Paco Rabanne, quels autres produits sont fabriqués ici ?
Bien sûr, nous avons toujours tous les parfums Paco Rabanne. Nous avons aussi les parfums Jean-Paul Gaultier, une gamme en pleine croissance qui est pour nous leader en France. Enfin, nous fabriquons les parfums Nina Ricci. A Chartres nous sommes spécialisés dans la production de gros volumes pour notre groupe. Dans la famille des produits que tout le monde connaît, nous avons le One Million et l’Invictus. Grâce à nos connaissances dans ce domaine, nous avons pu automatiser le processus de production pour mieux atteindre nos objectifs. Nous avons produit, l’année dernière, le dernier Paco Rabanne appelé Phantom, à plusieurs millions d’unités. De plus, avec Phantom, nous avons le premier lancement mondial d’un flacon de parfum connecté. Chartres reste à la pointe de l’innovation.

Comment se passe la production cette année ? L’année 2021 a été très forte en termes de production, même si la première partie de l’année a été moins dynamique. Je pense que nous atteindrons nos objectifs d’ici la fin de l’année. Nous nous rapprochons de notre niveau de 2019. Nous sommes gênés par un manque de composants comme la colle pour fabriquer nos boîtiers. Dernièrement nous avons souffert d’un manque de bois pour fabriquer les palettes, et d’aluminium depuis un certain temps. Heureusement, nos fournisseurs sont concentrés en Europe. Cela dit, la hausse du prix des conteneurs maritimes a également joué un rôle dans cette crise. Les armateurs avaient même préféré faire des routes Asie-États-Unis plutôt que Asie-Europe. A ce jour, les rotations des navires vers l’Europe continuent de ralentir. Parfois, nous livrons par avion. Cela dit, nous sommes satisfaits du développement du marché américain, qui dispose de capacités supérieures à celles du reste du monde.

Près de 600 acteurs de la filière participent au 17ème Congrès de la Parfumerie et Cosmétique, à Chartres

Où en êtes-vous avec Factory 4.0 ? Il y a quatre ans, nous avons essayé de modéliser des procédés que nous avions découverts en Allemagne chez Audi. Nous voulions trouver des références en dehors des métiers de la parfumerie et de la cosmétique. Ainsi, nous avons maintenu l’interconnexion de toutes nos lignes de production avec une lecture instantanée de tous nos produits. Nous incorporons des cobots (NDLR : robot collaboratif) pour réduire voire supprimer les gestes et postures difficiles pour nos collaborateurs. Nous ne voulions pas que cela devienne une mode. L’objectif était de développer les compétences de nos collaborateurs. Tout cela grâce aux entretiens de carrière de fin d’année. Enfin, nous avons lancé des plans de formation spécifiques pour monter en compétences les collaborateurs Puig dans les quatre usines du groupe à Chartres, Madrid et Barcelone. Nous avons ainsi favorisé la promotion sociale de cette manière. Tout cela en lien avec Sup Meca pour avoir des doctorants sur des projets de jumeau numérique pour nos lignes de conditionnement. Cela a éliminé des gestes sans valeur ajoutée.
Entretien avec Ahmed Taghza

En chiffres
23 à 24
millions de flacons de parfum seront fabriqués au Puig de Chartres en 2021. Un chiffre inférieur aux trente millions habituels, en raison de la crise sanitaire. Christian Combeau estime qu’en 2022 le chiffre des 30 millions de bouteilles sera à nouveau atteint.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here