Stimuler l’industrie 4.0

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Publié le 18 octobre 2021 à 7h09

Tout d’abord, ce constat fait par le co-président du METI et président-directeur général des Cheminées Poujoulat, Frédéric Coirier : sur les 5 400 ETI en France, un tiers sont industrielles, alors que l’industrie ne représente que 15 % du PIB de l’hexagone . “Ils sont le cœur battant de l’industrie française”, a déclaré le dirigeant.

Puis cette bonne nouvelle : « Le niveau d’investissement des ETI est désormais nettement plus élevé qu’il ne l’était avant le Covid. » Les ETI n’ont pas abandonné leurs projets d’innovation ou d’investissement, mais les avait en fait reportés, en 2020, en raison des incertitudes liées à la pandémie .

On assiste même à un élan lié au « bon calibrage des différentes mesures gouvernementales, notamment le plan de relance, dont tant les ETI que les PME sont fortement sous embargo », estime le coprésident du METI : baisse des taxes sur la production, appels à la réindustrialisation et projets d’innovation, industrie du futur, comptables, etc.

Marges supplémentaires

Autant de marges supplémentaires qui motivent donc des investissements plus importants que prévu, dans tous les domaines liés à la modernisation des outils de production, à la productivité, aux compétences, etc. “C’est un effort historique”, souligne le directeur général de France Industrie, Vincent Moulin-Wright . Avec, somme toute, “une dynamique assez nouvelle”, selon Frédéric Coirier. « Avec pour effet positif de pousser de nombreuses entreprises à se digitaliser et à se robotiser vers le 4.0, confirme Vincent Moulin Wright, avec d’importants investissements matériels et logiciels. »

Le directeur général de France Industrie rappelle au passage le rôle des “laboratoires industriels des ETI : ces entreprises qui sont aussi très bien implantées dans les territoires et donc y investissent beaucoup”.

Justement, du côté des fournisseurs de solutions, la filière 4.0 continue de se structurer. En septembre, il signe son contrat stratégique avec le gouvernement. « Un secteur qui compte aujourd’hui 32 000 entreprises et pèse 36 000 millions d’euros de valeur ajoutée », rappelle Frédéric Sanchez, nouveau président du secteur Solutions Industrie du Futur.

French Tech et French Fab

Qu’en est-il des startups dans ce tableau ? Dans une chronique récente, l’économiste et sociologue Pierre Veltz, appelé à un rapprochement entre la technologie française et l’industrie.

Vincent Charlet, délégué général du think tank La Fabrique de l’industrie est d’accord, notant que les startups tech françaises arrivent à maturité. Et proposer pour certains « les briques technologiques qui permettent aux constructeurs de se réinventer ». Souligner parmi les grands enjeux des années à venir, celui de « faire venir la French Tech pour nourrir les entreprises industrielles de la French Fab ».

Formation et recherche

Soulignons également l’importance de la formation et de la recherche qui “restent les premières politiques publiques qui aident les start-up”, explique l’expert. Et d’ajouter, “plus il y aura de talents qui sortiront de nos universités, de nos écoles, des IUT, des ingénieurs… et plus nous favoriserons l’écosystème industriel”.

Vincent Moulin Wright parie, lui, à long terme “sur plusieurs milliers de start-up qui sont sources de solutions disruptives pour l’industrie”. A condition, oui, de “favoriser la concordance entre formations, compétences et métiers dont l’industrie aura réellement besoin”, tempère Frédéric Sanchez.

François Pellerin, chercheur associé à la chaire « Futurs de l’industrie et du travail » de Mines ParisTech, ajoute : « Dans un contexte de pénurie de compétences et de tensions extrêmes sur le marché du travail, il ne suffira pas de faire du chrome technologique pour redonner de l’attractivité à Il faudra remettre l’autonomie, le développement des compétences et du sens au centre du travail. C’est à ce prix que l’industrie pourra à nouveau attirer les meilleurs.

Un nouveau modèle économique

Et rappelez-vous également que l’industrie 4.0 ne concerne pas seulement l’usine. La transformation numérique doit aussi s’appliquer hors les murs, aux entreprises. « Comme le font les Gafa, il faut s’assurer que les clients alimentent les bases de données de l’entreprise pour optimiser sa production et son offre. Et pour souligner le propos : « L’industrie 4.0 est plus large que l’usine du futur. C’est un nouveau business model pour l’entreprise, qui touche toute sa chaîne de valeur, des approvisionnements aux clients, en passant par la fabrication… »

Industrie 5.0

Vincent Moulin Wright ne dit rien de plus. Et l’avenir s’envisage déjà, et l’arrivée de “l’Industrie 5.0”, ou “l’hyperindustrie”. « Le 5.0 franchira encore de nouveaux seuils, explique le représentant de France Industrie, avec l’intégration de toutes les solutions, le dialogue homme-machine avec l’IoT et l’IA, et une place encore plus forte pour l’innovation disruptive et numérique dans la fabrication. . »

Frédéric Coirier en convient : « Nos entreprises vont continuer à se moderniser, investir massivement dans leurs outils de production, verdir leurs process, se décarboner et passer aux énergies renouvelables, prédit-il. Ils ont déjà créé plus de 20 000 emplois au premier semestre 2021, un niveau record en dix ans ! »

Stabiliser les mesures d’accompagnement

Mais pour qu’elles réussissent, encore faudra-t-il poursuivre les mesures de compétitivité. « Cela passera d’abord, selon Frédéric Coirier du METI, en alignant les taxes de production et les charges sociales sur celles de nos voisins européens. »

Car si, souligne Frédéric Sanchez, “nous n’avons plus à rougir de la comparaison avec nos voisins européens”, la France doit aujourd’hui “saisir cette opportunité pour repositionner son industrie et assumer le leadership sur les nouvelles valeurs des marchés émergents”, prévient Vincent Moulin Wright, “comme l’hydrogène, les batteries et les semi-conducteurs de nouvelle génération, ou les bioindustries”. C’est aussi l’ambition du plan d’investissement « France 2030 ». présenté par le président de la République Emmanuel Macron, à l’Elysée 12 octobre 2021.

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