The Family porte plainte contre son co-fondateur Oussama Ammar

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Crise sanitaire qui met fin aux activités de l’événement, fronde de petits actionnaires, départ d’Oussama Ammar et désormais plainte pour présomption de détournement de fonds : depuis deux ans, l’histoire de La Familia est balbutiante. Selon nos informations, et plusieurs documents que nous avons pu consulter, The Family (Holdings) LTD, maison mère de l’ex-incubateur devenue société d’investissement, vient de porter plainte à Paris pour abus de confiance et faux écrits. contre l’ancien directeur Oussama Ammar et ses holdings personnelles, Fabuleo Limited et Aletheis, The First Limited, enregistrées à Hong Kong.

La direction de La Familia accuse Oussama Ammar d’avoir détourné 3 millions d’euros, sur son compte personnel et d’avoir fait des investissements non prévus. Celui qui a quitté ses fonctions d’administrateur à l’automne mais qui a conservé ses parts est accusé d’avoir accaparé une partie des fonds par l’intermédiaire de ses holdings. car soi-disant, il était plus facile pour lui d’agir en tant qu’agent de La Familia si nous voulions obtenir des missions difficiles à obtenir sur le marché secondaire. expliquent les dirigeants actuels de La Familia -Alice Zagury, Nicolas Colin et Younès Rharbaoui- dans un mail adressé aux petits actionnaires et premiers adeptes de La Familia, baptisé « les parrains , dans le jargon de l’entreprise. Ils comprennent des noms connus de la technologie, des family offices, des enfants de grandes familles françaises et des fonds d’investissement, selon un document officiel daté du 23 décembre 2018, de la société mère basée à Londres The Family Holdings Ltd.

Une plainte a été déposée auprès du ministère public de Paris, La Familia nous en informe par mail. Par ailleurs, trois procédures sont en cours devant le tribunal de commerce de Paris au nom des personnes morales immatriculées en France, avec une première audience en référé pour l’une de ces procédures prévue le mardi 29 mars. La Famille a également saisi plusieurs juridictions étrangères où elle a déposé des fonds, dont les îles Caïmans.

« Nous avons engagé des avocats dans les différentes juridictions concernées (Angleterre et Pays de Galles, France et Îles Caïmans) pour poursuivre les litiges formels et défendre nos intérêts communs : ceux des investisseurs du SPV ainsi que ceux de la Famille. et ses actionnaires” ajoute la direction. folie a reçu confirmation de The Family que ces litiges portent notamment sur des prises de participation dans trois sociétés mondiales bien connues : Airbnb, SpaceX et Stripe.

« Nous sommes évidemment horrifiés par toute cette situation, car nous ne nous attendions évidemment pas à ce que notre co-fondateur se comporte ainsi et trahisse notre (et la sienne) confiance. » Oussama Ammar a été condamné en 2018 à quatre mois de prison pour des faits commis avant la création de La Famille, en 2011 en tant que PDG de la startup Be Sport. Un accord amical a finalement été signé.

dans un billet sur LinkedInOussama Ammar indique que cette plainte de La Familia fait référence « un différend juridique entre partenaires fondé sur un ressentiment personnel », Et cela’ ” il ne prétend pas être le bouc émissaire de tous les problèmes de The Family. Sinon, il aurait fondé un club tout seul. »

Plusieurs startups françaises impliquées

Ces fonds ne proviennent pas de la trésorerie de La Familia mais de l’argent d’investisseurs, particuliers, initiés ou non du monde des startups. Ils auraient été collectés en 2019 et 2020 par l’entité The Family (Global Godfathers) SPC auprès de plusieurs dizaines d’actionnaires. Ils étaient destinés à être investis dans diverses entreprises technologiques basées aux États-Unis entre décembre 2019 et octobre 2020, via des SPV (Special Purpose Vehicles). Ces petits véhicules de financement dédiés sont au cœur du sujet. Ils permettent aux investisseurs d’injecter de l’argent sans avoir besoin d’investir dans la matrice. Dans ce cas, La Familia est une sorte d’apporteur d’affaires qui se rémunère en cas de plus-values, jusqu’à 20% de celle-ci selon les objectifs et les investisseurs collectés, selon nos informations. Avec ces dispositifs, au total, on peut estimer que 300 personnes ont des liens économiques directs ou indirects avec l’entreprise.

A travers ces montages financiers, La Familia serait présente au capital de quelque 150 startups, directement ou via un véhicule géré par le fonds, majoritairement français. Sur la base des informations que nous avons pu collecter, Heetch, Payfit, Agricool, qui vient d’entrer en liquidation judiciaire, Luko, Qonto, Side, Epicery et Nestor en font partie. Mais pas seulement. Nicolas Colin nous disait il y a un an que La Familia investissait aussi » et stade tardif (lors de grosses levées de fonds, ndlr) aux États-Unis et en Inde via des véhicules d’investissement. Les plus grosses valorisations se font à l’étranger, aux États-Unis notamment.

Le document de justice des îles Caïmans — Etat qui figurait il y a peu sur la liste noire des paradis fiscaux de l’Union européenne- indique que le gel touche une quarantaine de détentions directes ou indirectes. Plusieurs sociétés françaises sont cotées : So Shape, Healthcube, Side, Trusk, Totem, Le Petit Manoir, Le Domaine d’Ablon, Inqom (anciennement Fred de la Compta), Comet et Stanley Robotics.

Rassurer actionnaires et investisseurs

La direction indique qu’elle a obtenu geler les injonctions de deux tribunaux différents (en France et aux îles Caïmans) pour s’assurer qu’Oussama ne puisse pas dissiper ses avoirs pendant que nous résolvons cette situation. . La Famille n’hésite pas à accuser Oussama Ammar, dénonçant ” tactiques délibérées de dissimulation et d’évasion, et se lamenter “son refus de coopérer” et “sa mauvaise foi” . Mais le jeu s’annonce complexe. L’homme d’affaires réside désormais à Dubaï. Le 29 novembre 2021, il a annoncé sa démission en tant que directeur dans un post LinkedIn, quelques jours après une décision du conseil d’administration. A cette occasion, La Familia, si prompte à ses débuts à communiquer largement sur ses actions, n’avait pas pris la parole ni remercié l’un de ses ambassadeurs hors pair. On comprend mieux pourquoi. Dans son message, Oussama Ammar précisait à ce moment-là qu’il partait ” quittant petit à petit cet écosystème » tournant” au monde du web 3″ . Web 3 est une expression utilisée par les spécialistes pour désigner le futur du web 2.0 actuelqui ressemblerait à un internet décentralisé.

Selon nos informations, Oussama Ammar détient toujours des parts dans la holding de The Family et dans plusieurs SPV. ” Notre principale priorité est de rendre l’argent à tous les investisseurs en récupérant le capital investi, ainsi que de faire la lumière sur ce qui s’est passé pour reconnaître les actifs et/ou les bénéfices et les distribuer aux investisseurs » garantir Alice Zagury, Nicholas Colin et Younes Rharbaoui.

L’enjeu est double : rassurer les actionnaires et les investisseurs et les empêcher de demander le retour de l’argent investi alors que les comptes de La Familia sont dans le rouge. En effet, l’entreprise avait accumulé 20 millions d’euros de pertes cumulées pendant cinq ans, entre 2014 et 2018, selon les comptes présentés en France et au Royaume-Uni. Il a même évité d’augmenter la note en 2021, à propos de son ex local rue du Petit-Musc dans le 4e arrondissement de Paris, où Emmanuel Macron est venu parler innovation avec Oussama Ammar. Selon nos informations, citées en jugement pour non-paiement de loyer, pour un montant à fin décembre 2020 d’environ 730.000 euros, La Familia, qui n’avait pas résilié leur bail, est parvenue à trouver un accord en déménageant 200 000 €. Loin du montant attendu par les copropriétaires des lieux.

« Personne ne viendra pleurer sur le sort des investisseurs qui perdent de l’argent. En outre, le thème principal est d’empêcher Oussama Ammar d’influencer les hommes d’affaires avec sa vision du monde. Alice et Nicolas doivent sortir de la forêt et prendre les taureaux par les cornes.s », assure-t-il avec folie un petit actionnaire. On analysera également avec attention les réactions d’investisseurs institutionnels, comme le fonds suisse LGT Partners -appartenant au groupe de banque privée LGT, qui gère notamment les actifs de la famille princière du Liechtenstein- qui est entré au capital en 2018 pour 10 millions d’euros. , ou en bas jeIndex Ventures, soutien financier en 2014.

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