TotalEnergies vise la production de masse au Japon avec Eneos

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Déjà investi dans le développement de plusieurs sites de production de carburants d’aviation durables (SAF) en France, TotalEnergies vient de s’associer au groupe japonais Eneos Corporation pour implanter une unité de production de masse au Japon. Celle-ci aurait une capacité de production de 300 000 tonnes, soit autant que la totalité de la production de TotalEnergies en France. La création d’une joint-venture entre les deux partenaires pour mener à bien ce projet est à l’étude.

Il ne s’agit pour l’instant que d’évaluer la faisabilité du projet, notamment en ce qui concerne l’approvisionnement et la production de SAF au sein de la raffinerie de Negeshi d’Eneos, choisie pour abriter la future unité de production. Les études ont déjà été initiées par les deux partenaires, qui se sont engagés dans des procédés de production avec des huiles alimentaires usagées et des graisses animales. Côté offre, Eneos s’est également associé au groupe financier Nomura.

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Un tiers des besoins du Japon d’ici 2030

Cette annonce intervient quelques semaines après que le ministère japonais du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme ait décidé de fixer l’objectif d’incorporer 10% de SAF d’ici 2030. Sachant que le pays consommait environ 10 millions de tonnes de kérosène par an avant la crise, cela nécessitait une production de l’ordre d’un million de tonnes.

Si les études de faisabilité sont concluantes et que le projet aboutit, l’usine de Negishi pourrait contribuer quelque 300 000 tonnes par an à cet objectif à partir de 2025. Située dans la ville portuaire de Yokohama, près de Tokyo, elle a l’avantage d’être proche de Tokyo- Aéroports internationaux de Narita et Tokyo-Haneda et intégrés au réseau de distribution domestique de kérosène d’Eneos au Japon.

Negishi ferait ainsi partie des unités de production à grande échelle, se rapprochant de la raffinerie de Rotterdam qui devrait atteindre une capacité de 500 000 tonnes par an d’ici fin 2023. Elle est cependant loin de la gigantesque raffinerie de Singapour, qui devrait produire jusqu’à un millions de tonnes par an à partir de l’année prochaine. Les unités de Rotterdam et de Singapour sont exploitées par la société finlandaise Neste, leader du secteur.

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Loin devant La Mède ou la Normandie

De même, le site japonais offrirait à lui seul autant de capacité de production de SAF que l’ensemble des unités dédiées de TotalEnergies en France. Dans une présentation aux analystes fin mars, Patrick Pouyanné, PDG du groupe pétrolier, a annoncé son objectif de produire 300 000 tonnes de SAF par an d’ici 2024 (sur un objectif de 5 millions de tonnes de biocarburants en 2030, tous secteurs confondus). ). Cette production proviendra de plusieurs unités réparties entre les raffineries de La Mède, Normandie et Grandpuits.

Les deux premiers ont déjà démarré leur activité, l’un en 2021 et l’autre il y a quelques semaines. TotalEnergies assure qu’ils permettront à Total de couvrir la demande de SAF en France, où un taux d’incorporation de 1% est en vigueur depuis le début de l’année. En fait, le compte n’est pas encore là. De manière assez générale, les compagnies aériennes françaises indiquent qu’à l’heure actuelle, les quantités de carburant durable disponibles sont insuffisantes pour couvrir cette obligation. Dès lors, ils s’apprêtent à devoir payer en retour la taxe d’incitation liée à l’incorporation de biocarburants (Tirib), ce qui pèse sur les distributeurs, mais les entreprises acceptent que le surcoût soit répercuté sur leur facture carburant.

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Contribution de Grandpuits attendue en 2024

L’ouverture de Grandpuits en 2024 apportera un vent de fraîcheur, avec une capacité de production annuelle de SAF d’environ 170 000 tonnes. Avec un investissement de 500 millions d’euros, dont 200 millions d’euros pour le seul SAF, il devrait permettre à TotalEnergies de monter en puissance et d’atteindre son objectif de 300 000 tonnes par an.

C’est en théorie plus que suffisant pour couvrir les besoins français jusqu’à la fin de la décennie. Sur la base des consommations d’avant-crise (entre 6,5 et 7 millions de tonnes de kérosène par an en France), environ 70 000 tonnes de SAF par an sont nécessaires pour couvrir le mandat actuel de 1 %. Le double sera nécessaire à partir de 2025, avec l’entrée en vigueur du mandat européen des 2% dans le cadre du Green Deal européen.

La production devra alors beaucoup s’accélérer pour couvrir les mandats suivants : 5% en 2030 et 20% en 2035… l’Union européenne s’étant fixé un objectif d’incorporation de 63% en 2050.