Transition énergétique trop lente | L’Agence internationale de l’énergie lance un “sérieux avertissement”

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(Paris) “La transition est trop lente”: le monde va souffrir du réchauffement climatique mais aussi des “turbulences” en termes d’approvisionnement, si des investissements plus massifs et rapides ne sont pas réalisés dans les énergies propres, a averti l’Agence internationale de l’énergie (AIE) mercredi). ).

Publié le 13 octobre 2021

Catherine HEURES
Agence France-Presse

L’agence lance “de sérieux avertissements sur la direction que prend le monde” dans son rapport annuel publié deux semaines avant l’ouverture de la COP26 de l’ONU à Glasgow.

Une “nouvelle économie” est en train d’émerger : batteries, hydrogène, véhicules électriques…, pointe-t-il.

Mais tous ces progrès sont compensés par « la résistance du statu quo et des énergies fossiles » : le pétrole, le gaz et le charbon continuent de représenter 80 % de la consommation finale d’énergie, générant les trois quarts du changement climatique.

A ce jour, les engagements climatiques des Etats, s’ils sont tenus, ne permettront que 20% des réductions d’émissions de gaz à effet de serre nécessaires d’ici 2030 pour maîtriser le réchauffement climatique.

“Les investissements dans les projets énergétiques décarbonés devront tripler en dix ans, pour la neutralité carbone en 2050”, résume le directeur de l’AIE, Fatih Birol.

Alors que la crise du COVID-19 a stoppé les progrès de l’électrification, notamment en Afrique subsaharienne, le financement des pays émergents est essentiel car ils doivent s’équiper et éviter notamment les centrales à charbon.

tensions à la carte

L’organisation, une branche de l’OCDE chargée de soutenir de nombreux pays, propose trois scénarios pour l’avenir.

Dans le premier, les États restent tels qu’ils sont aujourd’hui : les énergies propres se développent, mais la demande croissante et l’industrie lourde maintiennent les émissions à leur niveau actuel. Le réchauffement atteint 2,6°C par rapport au niveau préindustriel, bien loin des 1,5°C qui garantissent des impacts gérables.

Soit les États appliquent leurs engagements, notamment la neutralité carbone pour plus de 50 d’entre eux, dont l’Union européenne. La demande de combustibles fossiles culmine en 2025 (via l’efficacité énergétique et l’essor des voitures électriques). La hausse de température reste à 2,1°C.

La troisième option est la neutralité carbone, rester en dessous de 1,5°C, “qui demandera de gros efforts mais offre des bénéfices considérables pour la santé et le développement économique”, précise l’AIE.

Les financements supplémentaires nécessaires “sont moins lourds qu’il n’y paraît”, ajoute-t-il : 40% des réductions d’émissions “s’autofinancent”, via l’efficacité énergétique, la lutte contre les fuites de méthane ou les parcs solaires ou éoliens là où ces technologies sont déjà les plus compétitives.

L’AIE souligne également que le déficit général actuel des investissements affecte non seulement le climat mais aussi les prix et l’offre, promettant des “turbulences” comme celle que le monde connaît aujourd’hui avec les tensions post-COVID-19 sur les énergies fossiles.

Ces dernières années, la dépréciation des prix du pétrole et du gaz a limité les investissements dans ce secteur, alors que dans le même temps la transition vers les énergies propres est trop lente pour répondre à la demande, explique l’AIE.

“Il existe un risque imminent de nouvelles turbulences sur les marchés mondiaux de l’énergie”, déclare Birol. « Nous n’investissons pas suffisamment pour répondre aux besoins futurs et ces incertitudes nous préparent à une période volatile. La réponse est claire : investir massivement et rapidement dans les énergies propres », pour répondre aux besoins à court et long terme.

Sinon, “le risque d’une volatilité déstabilisante ne fera qu’augmenter avec le temps”, ajoute le rapport, qui souligne l’importance d’une transition “abordable pour tous les citoyens”.

“Une nouvelle économie énergétique est en train d’émerger, avec le potentiel de créer des millions d’emplois”, déclare Fatih Birol, appelant les dirigeants de la COP26 à “faire leur part et faire des années 2020 la décennie du déploiement massif des énergies décarbonées”.

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