Un modèle de recherche collaborative unique pour l’industrie agroalimentaire à l’Université McGill

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Ce texte fait partie de la section spéciale Recherche

Réunir des entreprises concurrentes avec des chercheurs pour innover à la même table : c’est le défi auquel, depuis 2017, le Consortium de recherche et d’innovation en transformation alimentaire (RITA) de l’Université McGill s’est engagé. Et fonctionne.

« Il y a l’industrie qui a des défis à relever, et les chercheurs qui ont des solutions », résume Salwa Karboune, doyenne associée du Département des sciences alimentaires et de chimie agricole de l’Université McGill et directrice scientifique du consortium RITA. « Chaque défi est vu comme une opportunité d’innover. »

C’est à partir de cette idée que Mje Karboune et ses collègues ont déjà réuni plus de 150 entreprises agroalimentaires et plus de 20 établissements de recherche de la province pour créer divers réseaux créatifs, gardant une longueur d’avance sur la concurrence du marché. Selon le chercheur, la mise en place d’un de ces réseaux peut prendre un an. Durant cette période, les partenaires industriels décriront les difficultés auxquelles ils sont confrontés, puis les chercheurs proposeront des projets visant à les résoudre. Le réseau sélectionnera ensuite les projets de recherche et d’innovation dans lesquels il investira et dont bénéficieront les membres participants. La recherche des partenaires du consortium est financée en partie par l’industrie et en partie par des sources gouvernementales, comme le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

L’un des projets consiste par exemple à développer une plateforme intelligente et multidimensionnelle qui permet l’identification et la sélection d’ingrédients naturels, comme les épices, avec leurs caractéristiques, leurs utilisations possibles et leurs interactions. Serait-il possible de remplacer un agent microbien artificiel par une combinaison de deux ou trois ingrédients naturels ? Cette cartographie, réalisée avec une approche scientifique solide, pourrait un jour devenir une référence scientifique pour répondre à ce type de questions et faciliter l’assainissement des aliments dans nos rayons.

D’autres projets portent plutôt sur l’efficacité de méthodes de conditionnement des produits plus respectueuses de l’environnement, comme les traitements à l’ozone gazeux ou à la lumière pulsée, ou encore sur le développement d’emballages “actifs”, contenant des agents antimicrobiens qui prolongent la conservation des aliments. D’autres équipes recherchent des solutions durables en termes d’utilisation d’eau de nettoyage ou de récupération de produits pour réduire les pertes alimentaires.

Les entreprises sont issues de secteurs variés, des boulangers aux bouchers, en passant par les producteurs de produits laitiers ou de fruits et légumes. Le dernier réseau, encore en construction, rassemble les acteurs de la filière pêche et aquaculture. Ainsi, on retrouve des entreprises de tous horizons, comme Bonduelle (transformation industrielle de légumes), Cascades (conditionnement), Gusta (produits végétaliens), Lallemand (commercialisation de levures et bactéries), Les Moulins de Soulanges (farine) ou Olymel ( Viande).

“Notre objectif est d’avoir un secteur dynamique de la recherche et de l’innovation, et qui comprenne l’intérêt de la collaboration précompétitive”, indique le directeur scientifique du RITA.

L’avantage de la synergie pour innover

Contrairement à la recherche fondamentale qui exige que les chercheurs soient indépendants, la recherche appliquée vise à améliorer l’industrie et à assurer une économie circulaire, explique Salwa Karboune.

« Le secteur bioalimentaire et de transformation est un secteur où le transfert [entre le milieu de la recherche et l’industrie] c’est essentiel pour le développement de technologies, le développement d’ingrédients ou l’amélioration de produits de santé, dit-il. Je crois fermement à l’importance de la synergie. »

Il explique que petites et grandes entreprises se regroupent dans les mêmes réseaux, ce qui permet aux jeunes entreprises aux budgets réduits d’accéder et de contribuer à l’innovation technologique, dans les mêmes conditions que les poids lourds de l’industrie. De même, en collaborant avec des spécialistes d’autres disciplines, les chercheurs peuvent accroître leur créativité pour innover.

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