Vers une Silicon Valley de l’agroalimentaire ?

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Tout a commencé à Dijon… Encouragé par la dynamique du label FrenchTech (lancé en 2016 par Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique), Vitagora, qui travaillait depuis 2005 sur l’alimentation du futur avec des startups , a fondé le réseau The FoodTech pour se procurer de nouvelles pépites.

Aujourd’hui, huit écosystèmes sont répartis sur le territoire, et ils se sont donné pour mission de ” favoriser et accompagner l’émergence et le développement de solutions innovantes de la fourche à la fourchette, mettant en relation les start-up et les autres acteurs de la filière. »

FoodTech Dijon Bourgogne-Franche-Comté avait développé deux initiatives fortes : FoodUseTech, un salon récurrent qui réunissait des start-up et des acteurs économiques à Dijon, et un projet Living Lab, porté par Dijon Métropole, le conseil régional et la Banque des Territoires . ” Lorsque Pierre Guez, président de Vitagora, a également été nommé président de La FoodTech, il a voulu fédérer les deux associations. », précise Christophe Breuillet, directeur de Vitagora. ” Il fallait donner à cette marque les moyens de se développer et d’avoir une synergie d’actions intéressantes pour l’ensemble de notre écosystème local et français. », poursuit-il. Ce rapprochement permet de pérenniser les activités de FoodTech et Living Lab, en synergie avec le programme d’accélération Toaster Lab de Vitagora, dédié aux pépites agroalimentaires, depuis 2017. Objectif : rapprocher les startups nationales et internationales des acteurs locaux en Bourgogne-Franche-Comté, pour les accompagner dans une phase de croissance, tout en renforçant notre écosystème local.

Living Lab : un outil unique en Europe

Avec une centaine de startups, l’écosystème qui réunit la FoodTech Dijon Bourgogne-Franche-Comté et Vitagora a déjà fait ses preuves dans trois domaines : l’industrie, la recherche et l’innovation. “Il nous manquait un fil dans notre arc : la relation directe avec le consommateur dans le processus d’innovation », souligne Christophe Breuillet. Ce sera bientôt chose faite avec le Living Lab, situé au cœur de la gastronomie et du vin dans la Cité Internationale de Dijon, qui ouvre ses portes au public le 6 mai.

Financé à hauteur d’1 million d’euros sur cinq ans par Dijon Métropole, le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté et la Banque des Territoires, cet outil innovant vise à ” décloisonner l’innovation en donnant aux citoyens la possibilité d’influencer positivement l’alimentation d’aujourd’hui et de demain », explique Christophe Breuillet.

L’idée est de donner du sens à la nourriture. Des ateliers pédagogiques et créatifs seront organisés avec les différents partenaires locaux, comme les maisons de quartier de Quetigny ou Fontaine d’Ouche, par exemple. ” Nous allons chercher des citoyens là où ils vivent avec leurs différences culturelles, leurs croyances, leurs origines et leur pouvoir d’achat, pour tenter d’imaginer le futur de l’alimentation en 2030, voire en 2050. “Les idées et les innovations issues de ces échanges peuvent être adoptées par des entreprises agroalimentaires locales ou nationales. Tel un entonnoir, la Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin de Dijon a pour ambition de devenir un pôle d’attraction pour les initiatives FoodTech.” Notre ambition est de faire converger les consommateurs vers ce tiers lieu, qui est un outil unique en Europe. ! », précise Christophe Breuillet.

un rayonnement international

Grâce à son offre complète, Vitagora est déjà une structure unique en France qui permet aux acteurs économiques et porteurs de projets de s’unir au profit de la dynamique locale. C’est à la fois une association professionnelle de la filière agroalimentaire, labellisée pôle de compétitivité agroalimentaire, et un interlocuteur de l’Agence Régionale du Numérique et de l’Intelligence Artificielle de Bourgogne-Franche-Comté. Vitagora rassemble 653 adhérents, entreprises agroalimentaires et apporteurs de solutions innovantes. ” Chaque semaine, nous recevons des demandes d’adhésion. Le pôle de compétitivité progresse de 14% par an », assure Christophe Breuillet.

« Notre rayonnement est international et attire de nouvelles entreprises car on peut ouvrir les portes de zones géographiques intéressantes, comme le Japon par exemple. Les entrepreneurs peuvent ainsi saisir les opportunités du marché “, il continue.

La stratégie de déploiement international de Vitagora à l’horizon 2030 est d’identifier d’autres marchés pour ses adhérents. ” Nous souhaitons poursuivre notre déploiement dans la zone de l’Asie du Sud-Est et de l’Afrique de l’Est à partir de notre nouveau point d’ancrage au Rwanda, poursuivre nos partenariats en Amérique du Nord, avec le Canada et les États-Unis, mais aussi développer des opportunités dans d’autres pays. », précise Christophe Breuillet. Ce dernier maintient le cap pour que la région devienne en quelques années, la « Silicon Valley de l’agro-alimentaire ». »