VRAI OU FAUX. La France est-elle le seul pays à avoir des impôts sur la production, comme le prétend Philippe Juvin ?

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“Les impôts sur la production sont un fléau pour l’industrie française.” Philippe Juvin, médecin et candidat aux primaires de la droite pour les élections présidentielles, n’a pas tourné autour du pot, mercredi 4 août, sur franceinfo. Interrogé sur les mesures qu’il souhaiterait proposer aux électeurs, le maire Les Républicains (LR) de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) a expliqué qu’il militait pour “une chute massive” de ces impôts. Redevances obligatoires payées par les entreprises et se rapportant à la valeur ajoutée, au travail, au capital, au foncier ou encore à la facturation.

“Ce sont les impôts les plus stupides du monde”accuse le chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou. “En plus, seuls les Français les ont gardés dans l’Union européenne (…) C’est comme si [les entreprises françaises] ils avaient un sac plein de cailloux et on leur demandait de courir aussi vite que les autres”suggère Philippe Juvin, dénonçant le désavantage que subiraient les entreprises françaises par rapport à leurs homologues allemandes, par exemple.

Hétérogènes, les impôts sur la production sont en réalité constitués de cinq types d’impôts : les impôts sur la masse salariale ou le nombre de salariés, les impôts sur le chiffre d’affaires, les impôts sur la valeur ajoutée, les impôts fonciers et les autres impôts.

Et ça paye : en 2016, les impôts sur la production s’élevaient à 72,1 milliards d’euros, selon une note du Conseil d’analyse économique, soit 3,2 points de PIB, soit près de 2,5 fois plus que l’impôt sur les sociétés. un pourcentage reste “relativement stable” entre 2000 et 2019, souligne également un rapport informatif de l’Assemblée nationale. Le but de ces myriades d’impôts : financer les entreprises locales et la sécurité sociale.

Mais les taxes françaises sur la production sont-elles uniques au sein de l’UE, comme le prétend Philippe Juvin ?

Bon, non. comment est-il affiché le Conseil d’analyse économique, l’organe qui conseille le président du gouvernement, l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni et même la Grèce ont également ce type de taxe. En 2016, la France disposait ainsi du deuxième niveau d’impôts sur la production de l’Union européenne avec 2 % du PIB (hors charges sociales), juste derrière la Grèce et ses 2,6 %, et bien devant la Grèce l’Allemagne (moins de 0,5 % de PIB). Une deuxième place retenue par la France en 2018, selon une analyse de la chaire d’économie urbaine à l’Essec (PDF) autour des taxes à la production et à l’importation en Europe, selon les données Eurostat.

Une fiscalité bien plus élevée que celle de l’économie allemande, confirme La Gazette des Communesmais en deçà des prétentions de Bercy, qui placent les échantillons français en 2020 à un niveau sept fois supérieur à celui d’outre-Rhin.

Cependant, une simple comparaison fiscale occulte les différences internationales en matière de politique fiscale. Là où les impôts fonciers ne représentent que 34% des impôts sur la production en France, ils en constituent près des deux tiers en Allemagne et même 85% au Royaume-Uni, observé en 2018 un groupe de travail du ministère de l’Economie (PDF).

De même, lorsque deux taxes “contribuer à plus de 80 % du total des recettes fiscales de production au Royaume-Uni”et cinq en Italie et en Allemagne, ce nombre monte à 13 pour la France, précise le même document.

Enfin, la différence de fiscalité sur la production entre la France, l’Allemagne et les autres pays européens s’explique par des différences de typologies : par exemple, la fiscalité locale d’activité est classée en impôt sur la production en France et en impôt sur la production en La France. “Impôt sur les sociétés” en Allemagne, regardez le document du groupe de travail de Bercy.

Ciblées par Philippe Juvin, les taxes à la production sont également dans le collimateur du gouvernement : avec 20 milliards d’euros de baisses de taxes à la production étalées entre 2021 et 2022, “Produire en France sera moins cher”avait défendu le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, en juillet 2020 sur France 2, posant les bases d’un plan de relance pour sortir de la crise de 100 000 millions d’euros.

Depuis “des impôts qui pèsent lourd sur les comptes des entreprises” et ce qui constitue des privilèges les plus nocifs en raison des distorsions qu’ils génèrent tout au long de la chaîne de production »De son côté, il a défendu le Conseil d’analyse économiquey voir une cause de “la relative atrophie du secteur productif français”.

Mais cette baisse des impôts sur la production augmente “problèmes graves et multiples”, selon attaque. Comme le souligne l’organisation altermondialiste, ces 20 000 millions d’euros de cotisations en moins représentent un déficit pour les entreprises locales et la sécurité sociale. Ils pourraient également annoncer une nouvelle austérité budgétaire.

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